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Retard Global de Développement : le guide d’une maman
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leoBelo / 14 juillet 2024 · Mis à jour 13 septembre 2026
Retard Global de Développement (RGD) : Mon Guide de Maman pour Comprendre et Accompagner Votre Enfant
💕 Bonjour, je suis Aurélie, fondatrice de LeoBelo et maman de Lucas, diagnostiqué TSA, TDAH et dysgraphie. Je me souviens du jour où une neuropédiatre a posé des mots sur ce que je voyais sans savoir le nommer. Mon cœur s’est serré. Mon monde s’est arrêté quelques secondes. Avant ça, il y avait eu des mois de doutes, d’entourage qui rassure trop vite, et cette sensation d’être perdue, seule, et tellement inquiète pour l’avenir de mon fils.
Le retard global de développement n’est pas le diagnostic de Lucas. Mais le chemin qui y mène, je le connais par cœur : les doutes qu’on n’ose pas formuler, les rendez-vous qu’on attend des mois, le vocabulaire médical qu’on ne comprend pas, et la vie de famille qu’il faut réorganiser autour. C’est ce chemin que je partage ici, avec tout ce que j’ai appris, pour vous éviter de vous sentir aussi perdue que je l’étais.
AL
Aurélie Leroux
Fondatrice de LeoBelo • Maman de Lucas (TSA, TDAH, dysgraphie) • Ma page auteur
✓ Testé à la maison✓ Sources citées✓ Choisi par une maman concernée
« Quand Lucas a été diagnostiqué, j’ai cherché partout des solutions concrètes pour le quotidien. Je trouvais des définitions médicales, mais rien pour m’aider à gérer le lundi matin quand il refuse de s’habiller, ou le mercredi après-midi quand il pleure sans qu’on comprenne pourquoi. C’est pour les mamans et les papas comme moi que j’ai écrit ce guide : pratique, honnête, et rempli d’espoir réaliste. »
Qu’est-ce que le Retard Global de Développement ? Ma Définition de Maman
Quand la neuropédiatre m’a expliqué ce qu’était le retard global de développement, j’ai entendu des mots compliqués : « deux écarts-types », « domaines multiples », « évaluation standardisée ». Honnêtement, je n’ai rien compris sur le moment.
Laissez-moi vous l’expliquer avec mes mots de maman : le RGD, c’est quand votre enfant prend plus de temps que les autres enfants de son âge pour apprendre à faire plein de choses différentes en même temps. Ce n’est pas juste un « petit retard » dans un seul domaine (comme marcher ou parler). C’est un retard significatif dans au moins deux domaines importants de son développement.
1-3%
des enfants d’âge préscolaire sont concernés par le RGD
Mon Parcours avec Lucas : De l’Inquiétude à l’Acceptation
Je vais être honnête avec vous dès maintenant : le retard global de développement n’est pas le diagnostic de mon fils. Lucas a été diagnostiqué TSA, TDAH et dysgraphie. Mais le parcours qui mène à un diagnostic, lui, je le connais de l’intérieur. Les doutes qu’on n’ose pas dire à voix haute. L’entourage qui rassure trop vite. Les mois d’attente avant un rendez-vous. Le vocabulaire médical qu’on découvre dans une salle de consultation. Et la maison qu’il faut réorganiser après, autour des séances, des transitions et de la fatigue.
C’est de ça que je peux vous parler utilement : le quotidien, l’organisation, les outils qu’on garde à portée de main, et la façon de tenir sur la durée. Pour tout ce qui relève du diagnostic lui-même et de son suivi, ce sont les professionnels qui accompagnent votre enfant qui ont la réponse, pas moi.
⚠️
Important : Ce que j’aurais aimé qu’on me dise au moment du diagnostic
Voici ce que j’ai compris en accompagnant Lucas, et ce que les parents me disent le plus souvent :
✅ Le RGD n’est PAS une condamnation
Beaucoup d’enfants progressent avec un accompagnement adapté et un environnement qui leur laisse le temps.
✅ Vous n’êtes pas responsable
J’ai passé des mois à me demander ce que j’avais « mal fait ». La réponse : rien. Le RGD arrive, point. Vous êtes une merveilleuse maman/un merveilleux papa.
✅ Ne restez pas seule avec vos doutes
Si quelque chose vous inquiète dans le développement de votre enfant, parlez-en au médecin qui le suit. C’est lui qui décidera d’un bilan et du moment où le faire.
✅ Vous allez devenir l’expert de VOTRE enfant
Les professionnels vous guideront, mais c’est VOUS qui connaissez le mieux votre enfant. Faites confiance à votre instinct de parent.
Dans les parties suivantes de ce guide, je vais partager avec vous tout ce que j’ai appris : comment reconnaître les signes du RGD, quels professionnels consulter, les outils sensoriels qui ont transformé notre quotidien, et surtout, comment garder espoir même dans les moments difficiles.
Vous n’êtes pas seuls. Je suis là. La communauté LeoBelo est là. Et ensemble, on va aider nos enfants extraordinaires à révéler tout leur potentiel. 💚
Les 5 Domaines du Développement : Ce que J’ai Compris avec Lucas
Quand on m’a parlé des « cinq domaines du développement », j’ai eu l’impression d’être dans un cours de médecine. Laissez-moi vous expliquer ça simplement, avec des exemples concrets tirés de notre quotidien avec Lucas.
🏃
1. La Motricité (Bouger et Manipuler)
Ce que ça veut dire : C’est tout ce qui concerne les mouvements de votre enfant. La motricité globale (marcher, courir, sauter), et la motricité fine (saisir des objets, dessiner, utiliser une cuillère).
💡 Avec Lucas :
« La motricité fine, chez nous, ça se travaille sans en avoir l’air. Lucas manipule ses balles texturées pendant qu’on discute, pendant un dessin animé, dans la voiture. Ses mains sont occupées, et personne n’a l’impression de faire un exercice. »
💬
2. Le Langage et la Communication
Ce que ça veut dire : Comprendre ce qu’on lui dit (langage réceptif) et s’exprimer avec des mots, gestes ou sons (langage expressif). Aussi, comprendre les émotions et le non-verbal.
💡 Avec Lucas :
« C’est l’orthophoniste qui nous a orientés vers les outils de stimulation orale, à utiliser à la maison entre deux séances. Chez nous, ils servent surtout avant le repas, quand la bouche a besoin de se réveiller. »
🧠
3. La Cognition (Comprendre et Apprendre)
Ce que ça veut dire : Résoudre des problèmes simples, comprendre les causes et effets, mémoriser, se concentrer sur une activité, comprendre les concepts (grand/petit, dedans/dehors).
💡 Avec Lucas :
« Ce que j’ai appris avec Lucas, c’est que la compréhension arrive rarement quand on la demande. Elle arrive dans le jeu, sur un puzzle, sur un bouton qui fait de la lumière. Mon rôle, c’est de laisser traîner ce genre d’occasions dans la maison et d’attendre qu’il s’en saisisse. »
❤️
4. Le Développement Social et Émotionnel
Ce que ça veut dire : Interagir avec les autres, comprendre les émotions (les siennes et celles des autres), développer des liens affectifs, jouer avec d’autres enfants.
💡 Avec Lucas :
« La frustration, chez nous, monte vite et redescend lentement. Ce qui nous aide, c’est d’avoir quelque chose à faire avec les mains pendant que ça redescend : on s’assoit à côté, chacun sa balle anti-stress, et on ne parle pas tout de suite. »
🎒
5. L’Autonomie et les Activités de la Vie Quotidienne
Ce que ça veut dire : Manger seul, s’habiller, se laver les mains, utiliser les toilettes, participer aux tâches simples de la maison selon son âge.
💡 Avec Lucas :
« L’habillage a longtemps été le pire moment de la journée chez nous. Ce qui a changé la donne, ce n’est pas un outil, c’est le découpage : une consigne par vêtement, dans le même ordre tous les matins. Le tee-shirt part encore à l’envers, et ce n’est pas grave. »
Les Signes d’Alerte : Comment J’ai Compris que Quelque Chose n’Allait Pas
Pendant des mois, j’ai cherché à me rassurer. « Chaque enfant va à son rythme », me disait-on. Mais mon instinct de maman me soufflait autre chose. Voici les signes qui m’ont alertée avec Lucas, et qui devraient vous pousser à consulter si vous les observez chez votre enfant.
⚠️ Tableau des Signes d’Alerte par Âge
Si vous observez plusieurs de ces signes qui persistent, n’attendez pas. Consultez votre pédiatre.
12M
À 12 mois
Ne tient pas sa tête droite quand on le tire pour l’asseoir
Ne babille toujours pas (« ba-ba », « da-da »)
Ne se retourne pas seul (ventre-dos ou dos-ventre)
Ne cherche pas le contact visuel, même avec vous
Ne sourit pas en réponse à votre sourire
18M
À 18 mois
Ne marche toujours pas seul
Ne dit aucun mot compréhensible (pas même « maman » ou « papa »)
Ne pointe pas du doigt pour montrer quelque chose
Ne comprend pas les consignes simples (« donne-moi le jouet »)
Ne manifeste aucun intérêt pour les autres enfants
2A
À 2 ans
Ne dit pas de phrases de 2 mots (« Papa parti », « Encore eau »)
Tombe très fréquemment, marche très instable
Ne peut pas empiler 2-3 cubes
Ne fait pas semblant (ne nourrit pas sa peluche, ne fait pas « vroum vroum »)
Perd des compétences qu’il avait acquises (régression)
3A
À 3 ans
Vocabulaire très limité (moins de 50 mots)
Ne comprend pas les consignes simples en 2 étapes
Ne court pas, ne saute pas à pieds joints
Ne montre aucun intérêt pour jouer avec d’autres enfants
Difficultés importantes avec la cuillère ou tenir un crayon
💚 Mon conseil de cœur
Faites confiance à votre instinct de parent. Si quelque chose vous inquiète, même si on vous dit « c’est normal, il va rattraper », consultez. J’aurais aimé consulter plus tôt pour Lucas. Un bilan ne coûte rien (ou presque), mais il peut tout changer pour votre enfant.
Dans la prochaine partie, je vous explique qui consulter, dans quel ordre, et comment préparer ces rendez-vous importants.
Mes 7 Stratégies Qui Transforment Notre Quotidien avec Lucas
En accompagnant Lucas, j’ai testé des dizaines de stratégies. Certaines ont été des échecs retentissants (je me souviens encore du jour où j’ai essayé de le forcer à porter des chaussures rigides pour « stabiliser sa marche »… catastrophe !). Mais d’autres ont vraiment transformé notre quotidien.
Voici les 7 stratégies qui fonctionnent le mieux pour nous. Je les partage avec vous parce que je sais à quel point il peut être difficile de savoir par où commencer quand on reçoit le diagnostic de RGD.
📅
1. Créer des routines visuelles prévisibles
Lucas a besoin de savoir ce qui va se passer. L’imprévu le met en difficulté. J’ai donc créé un planning visuel avec des pictogrammes pour chaque moment de la journée. Ça a changé nos matinées chaotiques en moments presque sereins.
💡 Concrètement chez nous :
Planning mural dans sa chambre avec images (réveil → petit-déjeuner → habillage → école)
Minuteur visuel pour les transitions : « Dans 5 minutes, on range »
Toujours prévenir AVANT les changements : « Demain, Mamie vient nous chercher à l’école »
Mêmes horaires tous les jours (dans la mesure du possible)
🎯 Ce que ça change chez nous : Lucas sait ce qui l’attend, et nos matins sont beaucoup moins tendus.
🎯
2. Intégrer les outils sensoriels dans chaque activité
Les outils sensoriels ne sont pas juste des « jouets ». Ce sont des alliés du quotidien, qui aident Lucas à occuper ses mains, à se poser et à traverser les moments difficiles. J’en ai toujours à portée de main, dans chaque pièce de la maison.
Objets à mâcher pour l’apaiser (mastication calmante)
👶
3. Découper chaque tâche en micro-étapes
« Habille-toi » est une consigne beaucoup trop complexe pour Lucas. J’ai appris à tout découper en petites étapes ultra-simples, qu’on valide une par une.
💡 Exemple concret : S’habiller le matin
Étape 1 : « Lucas, on enlève le pyjama. Juste le haut. » ✅
Étape 2 : « Bravo ! Maintenant le pantalon de pyjama. » ✅
Étape 3 : « Super ! On met le tee-shirt. Je t’aide à trouver le trou. » ✅
Étape 4 : « Génial ! Le pantalon maintenant. Une jambe, puis l’autre. » ✅
Étape 5 : « Champion ! Les chaussettes. » ✅
Chaque étape validée = félicitations enthousiastes. Lucas adore voir ma fierté dans mes yeux.
🎭
4. Utiliser le jeu et l’imitation pour tout apprentissage
Lucas n’apprend pas par consignes verbales. Il apprend en regardant, en imitant, en jouant. J’ai fini par transformer chaque apprentissage en jeu.
💡 Nos jeux d’apprentissage favoris :
Le jeu du « fait comme moi » : je tape des mains, Lucas imite. Je saute, il essaie.
Le parcours moteur : des coussins au sol, on traverse le salon sans poser le pied par terre
Les comptines avec gestes : « Meunier tu dors » avec mouvements exagérés
La dînette : Pour apprendre à utiliser la cuillère, on nourrit d’abord les peluches
🎉
5. Célébrer CHAQUE petit progrès (même minuscule)
J’ai appris à ne plus comparer Lucas aux autres enfants. Je le compare à lui-même d’il y a 1 mois. Et chaque micro-progrès mérite une célébration digne d’une victoire olympique.
💡 Nos victoires récentes qui m’ont fait pleurer de joie :
Lucas m’a regardée dans les yeux en me parlant, sans que j’aie eu à le demander
Il a réussi à attendre la fin d’une histoire sans se lever
Il a mis ses chaussures tout seul, dans le bon pied, un lundi matin
Il est venu me faire un câlin de lui-même, sans que je le demande
Ces « petites » victoires ne sont PAS petites. Ce sont des montagnes gravies.
💪
6. Prendre soin de MOI pour mieux aider Lucas
J’ai failli faire un burn-out maternel à 6 mois du diagnostic. J’étais épuisée, découragée, en colère. J’ai compris que pour aider Lucas, je devais d’abord aller bien MOI.
💡 Ce qui m’aide à tenir sur la durée :
1 soirée par semaine rien que pour moi (Papa prend le relais)
Groupe de paroles avec d’autres parents RGD (ça fait un bien fou)
Sport 20 minutes le matin avant que Lucas se réveille
Thérapie personnelle pour évacuer mes peurs et mes frustrations
Dire NON aux rendez-vous non-essentiels pour protéger notre énergie
⚠️ Vous n’êtes pas un super-héros. Vous êtes un parent humain. Prenez soin de vous. C’est VITAL.
🤝
7. Collaborer activement avec TOUS les professionnels
Lucas a une équipe : orthophoniste, psychomotricienne, ergothérapeute, AVS, maîtresse, neuropédiatre. Je suis le chef d’orchestre. Je fais circuler l’information entre tous, et je m’assure que tout le monde travaille dans la même direction.
💡 Mon organisation pour ne rien oublier :
Cahier de liaison unique que tous les pros peuvent lire
Vidéos des progrès que j’envoie à chaque professionnel
Réunion de synthèse tous les 3 mois avec toute l’équipe
Liste des objectifs prioritaires validée par tous
Résultat : tout le monde travaille dans la même direction, et je ne passe plus mon temps à répéter la même information à cinq personnes différentes.
Notre Planning Type d’une Semaine avec Lucas
Beaucoup de parents me demandent : « Mais concrètement, comment tu organises ta semaine ? » Voici notre planning réel. Ce n’est pas parfait, il y a des imprévus, des jours difficiles. Mais cette structure nous aide à avancer sereinement.
📅 Notre planning hebdomadaire type
🔵 Lundi
Matin : École avec AVS
13h30 : Psychomotricité (45min)
16h30 : Jeux libres à la maison avec outils sensoriels
19h30 : Bain sensoriel (jouets texturés dans l’eau)
🟢 Mardi
Matin : École avec AVS
16h : Orthophonie (30min)
17h : Activités montessori à la maison (transvasements, puzzles)
Soir : Massage avant dodo avec balle texturée
🟡 Mercredi (journée repos/jeux)
Matin : Parc/extérieur pour motricité globale
Après-midi : Activités calmes (livres, pâte à modeler)
17h30 : Soirée pizza en famille (moment convivial)
🔴 Week-end (samedi-dimanche)
Activités familiales adaptées au rythme de Lucas
Pas de thérapies – on profite et on se ressource
Sorties courtes avec kit de secours (objets sensoriels)
Routine maintenue même le week-end (horaires repas/dodo)
⚠️ Point important :
Ce planning est indicatif. Certaines semaines, on annule tout parce que Lucas est fatigué ou malade. Et c’est OK. L’important est de ne pas surcharger votre enfant ni vous-même. Écoutez vos besoins.
Qui Consulter et Dans Quel Ordre ? Mon Parcours Médical avec Lucas
Quand j’ai commencé à m’inquiéter pour Lucas, je ne savais pas par où commencer. Pédiatre ? Neuropédiatre ? Orthophoniste ? J’ai fait des erreurs, pris des rendez-vous inutiles, perdu du temps précieux. Je vous partage aujourd’hui le parcours optimal que j’aurais aimé connaître dès le début.
1
👨⚕️ Le Pédiatre – Votre Premier Interlocuteur
Point d’entrée obligatoire • Délai : Immédiat
Son rôle : Il va évaluer le développement global de votre enfant lors des consultations de suivi. C’est lui qui va dépister les premiers retards et vous orienter vers les spécialistes adaptés.
💡 Avec Lucas :
« Notre pédiatre a été la première à me dire ‘Aurélie, je comprends votre inquiétude. On va faire un bilan’. Elle nous a orientés vers le CAMSP (Centre d’Action Médico-Sociale Précoce) et nous a fait gagner 6 mois sur le diagnostic. »
✅ Que préparer pour ce rendez-vous :
Carnet de santé à jour
Liste écrite de vos observations et inquiétudes
Vidéos de votre enfant si possible (très utile !)
Questions précises à poser
2
🏥 Le CAMSP – Le Bilan Complet
Gratuit • Pluridisciplinaire • Délai : 3-6 mois d’attente
Son rôle : Évaluation complète par une équipe (pédiatre, psychomotricien, orthophoniste, psychologue). C’est LE lieu du bilan approfondi pour les 0-6 ans.
💡 Avec Lucas :
« L’attente pour un premier rendez-vous se compte en mois, et c’est la partie la plus dure. Mais c’est le seul endroit où plusieurs professionnels regardent votre enfant ensemble, au même moment, et se parlent. Ce que vous en ressortez vaut l’attente. »
⚠️ Point important :
N’attendez PAS d’avoir vu le CAMSP pour commencer les thérapies. Pendant l’attente, vous pouvez déjà prendre rendez-vous en libéral (orthophoniste, psychomotricien).
3
🧠 Le Neuropédiatre – Le Diagnostic Précis
Essentiel pour le diagnostic • Délai : 6-12 mois d’attente
Son rôle : Poser le diagnostic officiel de RGD. Prescrire les examens complémentaires (IRM, tests génétiques, bilan auditif/visuel). Coordonner le suivi médical.
💡 Avec Lucas :
« C’est la consultation la plus longue à obtenir, et c’est aussi celle qui pose le cadre. Chez nous, elle a été l’occasion de faire le tri : ce qui devait être exploré, ce qui ne servait à rien, et ce qu’on pouvait arrêter de chercher sur internet à minuit. »
📋 Les examens souvent prescrits :
IRM cérébrale (sous anesthésie générale pour les petits)
Analyse génétique (prise de sang)
Bilan auditif complet (ORL)
Bilan ophtalmologique
Bilan métabolique si suspicion
4
💬 L’Orthophoniste – Le Langage
Prioritaire si retard de langage • 2-3 séances/semaine
Son rôle : Stimuler le langage oral et la communication. Travailler l’oralité (déglutition, mastication). Préparer à la lecture/écriture si besoin.
💡 Avec Lucas :
« Notre orthophoniste a commencé par des jeux simples, des bulles, des chansons, puis a introduit les sons petit à petit. Lucas y va sans traîner des pieds. C’est elle qui nous a aussi conseillé les outils de stimulation orale qu’on utilise à la maison. »
5
🤸 Le Psychomotricien – Le Corps
Essentiel si retard moteur • 1-2 séances/semaine
Son rôle : Développer la motricité globale (marche, équilibre, coordination) et fine (manipulation). Travailler le schéma corporel, la latéralité, les repères spatio-temporels.
💡 Avec Lucas :
« Notre psychomotricienne travaille par parcours de motricité et par jeux sensoriels. Chaque semaine, elle propose un nouveau défi, et c’est à peu près la seule activité de la semaine que Lucas réclame de lui-même. »
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✋ L’Ergothérapeute – L’Autonomie
Pour l’autonomie quotidienne • 1 séance/semaine
Son rôle : Développer l’autonomie dans les gestes du quotidien (s’habiller, manger, se laver). Adapter l’environnement. Conseiller sur les outils adaptés.
💡 Avec Lucas :
« L’ergothérapeute nous a vraiment aidés sur le quotidien. Elle a adapté nos couverts, conseillé des vêtements faciles à enfiler, créé des séquentiels visuels pour l’habillage. Grâce à elle, Lucas gagne en confiance et en autonomie chaque jour. »
FAQ : Vos Questions, Mes Réponses Honnêtes
Voici les questions que me posent le plus souvent les parents dans mes messages privés et sur les forums. Je réponds avec mon cœur et mon expérience de maman.
Q
Mon enfant va-t-il rattraper son retard ?
La réponse honnête : Ça dépend de chaque enfant, de la cause du RGD, et de l’intensité de l’accompagnement. Certains enfants rattrapent une grande partie de leur retard. D’autres progressent mais gardent des difficultés et des adaptations. L’important n’est pas de « rattraper » mais de développer son plein potentiel, quel qu’il soit.
Q
Combien coûtent toutes ces thérapies ?
Ça peut vite chiffrer, mais il existe des aides :
CAMSP : Gratuit jusqu’à 6 ans
Orthophoniste : Remboursé à 60% par la Sécu (avec ordonnance)
Psychomotricien : Souvent non remboursé (30-50€/séance), sauf si CAMSP ou CMP
Pensez à faire une demande MDPH (AEEH + compléments) pour avoir des aides financières.
Q
Faut-il dire à mon enfant qu’il a un RGD ?
Ça dépend de son âge et de sa compréhension. Pour un jeune enfant, ce concept reste très abstrait. Chez nous, on dit simplement qu’il apprend « à sa façon », que certaines choses sont plus difficiles pour lui, et que c’est pour ça qu’il voit des « docteurs qui aident à grandir ». Plus tard, quand il posera des questions, on adaptera notre discours. L’important est de ne jamais le faire se sentir « cassé » ou « anormal ».
Q
Comment gérer le regard des autres ?
C’est un des trucs les plus durs, je ne vais pas mentir. Les remarques au parc, les regards quand Lucas fait une crise au supermarché, les comparaisons avec les cousins… Ça fait mal. J’ai appris à répondre calmement (« Il a un retard de développement, on l’accompagne ») et surtout à m’entourer de gens bienveillants. Les autres ? Je m’en fiche. Mon énergie est pour Lucas, pas pour gérer les jugements.
Q
Et si je n’en peux plus ?
C’est OK de craquer. C’est OK de pleurer. C’est OK de se sentir épuisé. J’ai pleuré dans ma voiture plus de fois que je ne peux compter. Les premiers mois après le diagnostic, je dormais 4h par nuit entre l’inquiétude et les recherches frénétiques. Vous avez le DROIT d’aller mal.
💡 Ce qui m’a sauvée :
Groupe de paroles de parents (en ligne ou en présentiel)
Thérapie personnelle
Demander de l’aide (famille, amis, répit)
M’autoriser à faire des pauses
⚠️ Si vous avez des pensées noires, parlez-en IMMÉDIATEMENT à votre médecin. Vous n’êtes pas seule.
Conclusion : Mon Message d’Espoir aux Parents
Si je devais remonter le temps et parler à l’Aurélie qui pleurait dans le parking du cabinet médical juste après un rendez-vous, voici ce que je lui dirais :
💚
Ce que j’aurais aimé qu’on me dise
« Aurélie, respire. Oui, le chemin sera long. Oui, il y aura des jours difficiles. Mais tu vas apprendre à connaître ton fils mieux que personne, tu vas trouver les gens qui vous aident vraiment, et tu vas arrêter de comparer ton enfant à ceux des autres. C’est ça qui change tout. »
Le RGD n’est pas une fin. C’est le début d’une aventure différente, plus difficile parfois, mais tellement riche en émotions et en petites victoires extraordinaires.
Aujourd’hui, Lucas va à l’école avec une AVS qu’il adore. Il a ses jours avec et ses jours sans. Il a ses outils, ses repères, ses rituels. Et nous, on a arrêté de vivre chaque journée comme un examen.
Est-ce qu’il est « dans la norme » ? Non. Est-ce qu’il le sera un jour ? Je ne sais pas. Est-ce qu’il est heureux ? OUI. Mille fois oui. Et c’est tout ce qui compte.
🌟 Mes 5 Conseils de Cœur pour la Route
1. Parlez-en, ne restez pas seule
N’attendez pas « de voir si ça passe » pour en parler. Prenez rendez-vous avec le médecin qui suit votre enfant : c’est lui qui décidera d’un bilan et de la suite.
2. Célébrez TOUT
Un nouveau mot ? Victoire olympique. 5 secondes d’attention sur un livre ? Explosionde joie. Ne comparez plus aux autres enfants. Comparez à votre enfant d’il y a 1 mois.
3. Entourez-vous BIEN
Groupe de parents, professionnels bienveillants, amis qui comprennent. Éloignez-vous des personnes toxiques qui jugent ou minimisent.
4. Prenez soin de VOUS
Vous ne pouvez pas aider votre enfant si vous êtes épuisé. Thérapie, pauses, sport, loisirs… C’est VITAL, pas du luxe.
5. Gardez ESPOIR
Les enfants nous surprennent. Toujours. Ne laissez personne vous dire ce que votre enfant pourra ou ne pourra pas faire. Donnez-lui toutes les chances.
Ressources et Liens Utiles
Voici les ressources qui m’ont aidée dans notre parcours avec Lucas. Je les partage pour que vous ne vous sentiez plus seuls.
💌 Vous avez des questions ou souhaitez partager votre expérience ?
N’hésitez pas à nous laisser un commentaire ci-dessous ou à nous contacter. Nous sommes là pour nous entraider et partager nos expériences de parents !
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Écrit avec 💚 par Aurélie Leroux, fondatrice de LeoBelo et maman de Lucas (TSA, TDAH, dysgraphie).
Je ne suis ni médecin, ni ergothérapeute, ni psychologue : ce guide partage un vécu de parent et ne remplace pas l’avis du professionnel qui suit votre enfant.