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Les signes d’autisme chez le bébé : repères de 12 à 24 mois

Un parent observe attentivement son bébé qui joue au sol, dans une scène calme évoquant le repérage des signes d’autisme entre 12 et 24 mois

Avant de chercher des listes de signes, il aide souvent de comprendre ce qu’est l’autisme au quotidien : ce que ça change, ce que ça ne change pas, et ce qui vient après le repérage.

Le guide de l’autisme de l’enfant
⚡ En bref

Les signes évocateurs d’un TSA sont le plus souvent présents avant 36 mois, parfois bien avant 18 mois, parfois plus tard. Entre 12 et 24 mois, ils concernent surtout trois registres : la communication et les interactions sociales (regard, pointage, réponse au prénom), les comportements répétitifs et intérêts restreints, et la réactivité sensorielle.

Ce qui compte n’est jamais un signe isolé — aucun n’a de valeur prédictive à lui seul — mais leur combinaison, leur intensité et leur persistance. Observer n’est pas diagnostiquer : votre rôle est de repérer et de transmettre vos observations à un professionnel.

Un signal justifie de consulter sans attendre : la stagnation ou la régression du langage, du regard ou des interactions entre 1 et 2 ans.

Votre bébé fuit le regard, ne pointe pas du doigt, ne répond pas toujours à son prénom, ou répète sans cesse les mêmes gestes ? Cette inquiétude est légitime, et l’écouter est précieux. Ce guide vous aide à observer calmement, à distinguer un signe d’alerte d’une simple variation du développement, et à savoir vers qui vous tourner.

Il fait partie de notre guide complet sur l’autisme de l’enfant, qui replace ces repères dans l’ensemble du parcours : diagnostic, interventions recommandées, quotidien.

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Aurélie Leroux

Fondatrice de LeoBelo • Maman de Lucas (autiste et TDAH) • Outils sensoriels & neurodiversité depuis plusieurs années • Le vécu, pas la théorie

« Mon fils Lucas est autiste et TDAH. Au fil des années, j’ai appris à lire ses signaux — le flapping quand l’émotion monte, l’écholalie, sa façon différente de comprendre et d’exprimer les émotions — et surtout à écouter mon intuition de parent au lieu de la minimiser. C’est ce regard de terrain, pas une théorie, que je partage ici. »
Au programme
  1. Comment se manifeste l’autisme chez le tout-petit ?
  2. Les signes d’autisme entre 12 et 24 mois, registre par registre
  3. « 4 signes majeurs », « 10 signes » : pourquoi ces listes n’existent pas
  4. Quand apparaissent les premiers signes d’autisme ?
  5. Ce qui n’est pas forcément de l’autisme
  6. Mes observations m’inquiètent : que faire ?
  7. Sources et pour aller plus loin
  8. FAQ : vos questions sur les signes d’autisme du bébé

Section 1 · Comprendre

Comment se manifeste l’autisme chez le tout-petit ?

Le trouble du spectre de l’autisme est un trouble du neurodéveloppement : le cerveau traite l’information autrement. Les classifications médicales de référence (DSM-5-TR, CIM-11) le décrivent par deux grands axes présents dès la petite enfance — d’un côté les difficultés de communication et d’interaction sociale, de l’autre des comportements répétitifs, des intérêts restreints et des particularités sensorielles. Ce n’est ni une maladie, ni la conséquence d’un manque d’amour ou d’une « erreur » éducative.

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Observer n’est pas diagnostiquer

Ce guide est un outil de repérage pour les parents, pas un outil de diagnostic. Aucune liste de signes, aucun test trouvé en ligne ne remplace une évaluation clinique. Seule une équipe pluridisciplinaire formée (médecin, psychologue, orthophoniste, psychomotricien) peut poser un diagnostic de TSA.

Votre rôle n’est pas de conclure, mais d’observer concrètement et de transmettre vos observations à un professionnel. C’est exactement ce que rappelle l’Assurance Maladie : les parents sont les « experts » de leur enfant, et leur inquiétude au sujet de la communication ou du langage est en soi un signe d’alerte à prendre en compte, quel que soit l’âge.

🧩 Les deux grands axes à observer

👥 Communication & interactions sociales

Le regard partagé, le sourire en réponse, les gestes pour entrer en lien (pointer, tendre les bras, faire « coucou »), le plaisir d’attirer votre attention sur ce qui l’intéresse.

🔄 Comportements répétitifs & sensorialité

Gestes répétés (battre des mains, se balancer), intérêts très absorbants, besoin de routines fixes, et réactions inhabituelles aux sons, aux lumières, aux textures ou à la douleur.

Chez beaucoup d’enfants concernés, ces deux axes se combinent à un profil sensoriel particulier : certaines sensations sont vécues comme trop intenses (hypersensibilité), d’autres trop peu (hyposensibilité, avec une recherche active de stimulation). Encore une fois, c’est la présence simultanée de plusieurs de ces différences qui oriente, jamais un trait isolé.


Section 2 · Repérer

Les signes d’autisme entre 12 et 24 mois, registre par registre

Voici les signes qui peuvent alerter entre 12 et 24 mois, regroupés par registre. Aucun, pris isolément, ne signifie « autisme » : un enfant qui aligne parfois ses voitures mais qui par ailleurs regarde, joue et cherche le lien n’est pas concerné. Ce sont la combinaison de plusieurs signes, leur intensité et leur persistance dans le temps qui justifient d’en parler à un professionnel.

Illustration des trois registres d’observation des signes d’autisme chez le bébé : interactions sociales et regard, communication et babillage, comportements répétitifs et sensorialité
Trois registres à observer ensemble : le lien, le langage, le comportement et les sens.

👥 Communication & interactions sociales

  • Absence de pointage du doigt (à partir de 12 mois) — il ne montre pas un chien, un avion ou une lumière pour partager avec vous ce qu’il voit. Il peut encore pointer pour réclamer un objet : c’est le pointage de partage qui manque.
  • Absence de gestes sociaux (à partir de 12 mois) — il ne fait pas « coucou », ni « au revoir », ne lève pas les bras pour être porté.
  • Regard difficile à capter (12-24 mois) — il regarde surtout les objets plutôt que les visages, même en jeu face à face.
  • Peu ou pas de réponse à son prénom (12-24 mois) — appelé plusieurs fois dans le calme, il ne se tourne pas, alors que l’audition est normale.
  • Peu de jeu d’imitation ou de « faire semblant » (18-24 mois) — il ne donne pas à manger à la poupée, ne fait pas « rouler » la voiture en imitant le bruit, imite peu vos gestes.
  • Peu de réaction aux séparations et aux retrouvailles (tout âge) — votre départ ou votre retour semblent le laisser indifférent.

💬 Communication & langage

  • Absence de babillage (à partir de 12 mois) — peu ou pas d’allers-retours vocaux avec vous, ou des sons produits sans intention de communiquer.
  • Absence de mots (à 18 mois et au-delà) — aucun mot utilisé pour communiquer.
  • Absence d’association de mots (à 24 mois et au-delà) — pas de petites phrases du type « veux eau », « encore gâteau ». Attention : les phrases entières répétées telles quelles ne comptent pas comme une association de mots — c’est de l’écholalie, un mode de langage à part entière.

🔄 Comportements, intérêts & sensorialité

  • Intérêts très restreints ou fascination pour un détail (15-24 mois) — faire tourner indéfiniment une roue, ouvrir et fermer une porte longuement, fixer un ventilateur ou des étiquettes, aligner les objets.
  • Mouvements répétitifs (stéréotypies) (tout âge) — battements de mains, balancement du corps, sauts sur place, surtout dans les moments d’émotion forte. Ces gestes existent aussi chez des enfants non autistes : pour savoir quand ils interrogent vraiment, voir notre guide sur l’enfant qui bat des mains.
  • Intolérance marquée au changement (tout âge) — une petite modification (autre trajet, autre biberon, autre ordre du coucher) déclenche une détresse importante, presque chaque jour.
  • Attachement à des objets insolites, peurs inhabituelles (tout âge) — un caillou qu’il faut garder en main, une peur intense des rideaux qui bougent.
  • Hyper ou hyposensibilité sensorielle (tout âge) — réactions très fortes à certains bruits ou textures, refus alimentaires massifs liés à la texture, ou au contraire indifférence apparente à la douleur et recherche de fortes pressions.

🚩 Un signal à ne jamais minimiser

La stagnation ou la régression (entre 1 et 2 ans en particulier) — l’enfant perd des acquis : il ne dit plus des mots qu’il prononçait, regarde ou imite moins qu’avant, semble se « refermer ». Toute régression du langage, du regard ou des interactions justifie une consultation rapide, sans attendre le prochain rendez-vous prévu.

Signes d’alerte entre 12 et 24 mois — repères indicatifs
RegistreSigneÂge indicatifCe qui doit alerter
SocialPas de pointage pour partagerDès 12 moisNe montre jamais spontanément un objet juste pour vous le faire regarder
SocialPas de gestes sociauxDès 12 moisNi « coucou », ni « au revoir », ne lève pas les bras
SocialRegard difficile à capter12-24 moisRegarde les objets plutôt que les visages, même proches
SocialPeu de réponse au prénom12-24 moisNe se tourne pas alors que l’audition est normale
SocialPeu de jeu d’imitation18-24 moisAucun « faire semblant » malgré vos propositions répétées
LangageAbsence de babillageDès 12 moisPeu d’allers-retours vocaux, sons sans intention de communiquer
LangageAbsence de mots18 mois et au-delàAucun mot utilisé pour communiquer
LangagePas d’association de mots24 mois et au-delàReste sur des mots isolés, ou répète des phrases sans les adapter
ComportementsIntérêts restreints15-24 moisActivités répétitives qui occupent l’essentiel du temps de jeu
ComportementsStéréotypies (flapping, balancement)Tout âgeTrès fréquentes et associées à d’autres signes
ComportementsIntolérance au changementTout âgeDétresse intense à la moindre modification, presque chaque jour
SensorielHyper / hyposensibilitéTout âgeRéactions sensorielles qui perturbent nettement le quotidien
AlerteStagnation ou régressionEntre 1 et 2 ansPerte de mots, de regard ou d’interactions → consultation rapide

Repères indicatifs et non exhaustifs : chaque enfant se développe à son rythme. Ce tableau aide à observer, il ne pose pas de diagnostic.

🎧
Quand la sensorialité débordeUn appui du quotidien, pas un traitement

Si votre enfant se bouche les oreilles, hurle à l’aspirateur ou s’effondre dès qu’un lieu devient bruyant, réduire le volume l’aide immédiatement — même avant toute démarche diagnostique. Un casque anti-bruit adapté à sa taille rend certaines sorties possibles. Ce n’est pas un traitement de l’autisme et ça ne remplace aucun bilan : c’est simplement une gêne en moins, tout de suite.


Section 3 · Mise au point

« 4 signes majeurs », « 10 signes » : pourquoi ces listes n’existent pas

En cherchant, vous êtes probablement tombé sur « les 4 signes majeurs de l’autisme », « les 10 signes », « les 7 signes d’alerte ». Aucune de ces listes numérotées n’existe dans les références officielles. Ni la Haute Autorité de Santé, ni l’Assurance Maladie, ni les classifications de référence ne publient de décompte de ce type. Elles décrivent des familles de signes, par tranche d’âge, en précisant systématiquement qu’aucun signe isolé n’a de valeur prédictive.

Ces chiffres ronds sont des formats éditoriaux, pensés pour les titres et les réseaux sociaux. Le problème n’est pas cosmétique : une liste fermée pousse à cocher des cases, à se rassurer à tort (« il n’en a que 3 sur 10 ») ou à s’alarmer à tort (« il en a 6 »). Le raisonnement clinique ne fonctionne pas comme ça.

🧭
Ce qu’il faut regarder à la placeTrois critères, pas un compteur

1. La répartition. Les signes touchent-ils plusieurs registres à la fois (social, langage, comportements, sensorialité) ou un seul ?

2. L’intensité. Ces différences gênent-elles réellement le quotidien de votre enfant et de votre famille, ou sont-elles discrètes ?

3. La persistance. Sont-elles présentes depuis des semaines, dans plusieurs contextes (maison, crèche, extérieur), ou passagères ?

Si vous cochez ces trois dimensions, prenez rendez-vous — quel que soit le nombre de signes. Et si vous n’en cochez aucune mais que l’inquiétude persiste, prenez rendez-vous quand même : votre inquiétude est elle-même un motif recevable.


Section 4 · Chronologie

Quand apparaissent les premiers signes d’autisme ?

Le plus souvent avant 36 mois, parfois bien avant 18 mois, parfois plus tard. L’Inserm situe l’apparition des premiers signes évocateurs le plus souvent entre 18 et 36 mois. Mais les signes peuvent se manifester plus tôt, de façon plus subtile, et se préciser vers 2-3 ans. Le repérage, lui, peut commencer bien avant le diagnostic.

🗓️ Des repères qui évoluent avec l’âge

👶 Avant 12 mois

Absence de babillage, de sourire ou de réaction à la voix des parents ; contact visuel et « attention conjointe » (partager du regard un objet) qui tardent à émerger. À cet âge, les signes sont peu spécifiques : l’inquiétude se discute, elle ne conclut pas.

🧒 Vers 2-3 ans

Le langage se distingue plus nettement (retard, écholalie), le jeu symbolique reste pauvre, les intérêts restreints s’affirment. L’entrée en collectivité révèle souvent les différences : bruit, consignes, présence d’autres enfants.

Entre le repérage et le diagnostic, il s’écoule souvent plusieurs mois, voire plusieurs années — les délais d’accès aux bilans spécialisés varient beaucoup selon les régions. C’est précisément pour cette raison qu’il vaut mieux enclencher les démarches tôt, sans attendre une certitude : certaines interventions peuvent démarrer avant le diagnostic formel.


Section 5 · Nuancer

Ce qui n’est pas forcément de l’autisme

Le développement d’un tout-petit est très variable d’un enfant à l’autre. Avant de conclure, il est utile de regarder aussi l’autre versant : beaucoup de comportements qui inquiètent les parents s’expliquent autrement. Voici quatre confusions fréquentes.

🌱 Quatre confusions courantes

😊 Timidité

L’enfant timide observe avant d’oser, mais il cherche votre regard et votre réconfort, se cache derrière vous, et finit par se « dégeler ». Dans le TSA, c’est souvent la manière d’entrer en lien qui est différente, pas l’audace.

🧸 Aimer jouer seul

Jouer seul par moments est normal. Ce qui interroge, c’est de ne jamais chercher à partager : ne pas montrer ses trouvailles, ne pas guetter votre réaction, ne pas vous inviter à jouer.

💬 Retard de langage isolé

Un retard de langage chez un enfant qui par ailleurs regarde, pointe, imite et joue à faire semblant évoque d’abord un retard isolé — ou un souci d’audition, qu’un bilan ORL permet d’écarter. Dans le TSA, le retard est presque toujours associé à d’autres différences.

📱 Écrans & vaccins

Les écrans en excès peuvent réduire les échanges et le jeu, mais ils ne « créent » pas un TSA. Quant au lien entre vaccins et autisme, il a été écarté par de très larges études épidémiologiques, et l’étude qui l’avait suggéré en 1998 a été rétractée pour fraude. Vous n’avez rien fait de mal.


Section 6 · Agir

Mes observations m’inquiètent : que faire ?

Plutôt que d’attendre « de voir comment ça évolue », il est plus sûr de poser la question à un professionnel. Voici une marche à suivre simple, valable en France, en quatre étapes — la dernière peut démarrer dès aujourd’hui.

Étape 1

Noter vos observations

Pendant quelques semaines, notez quoi, quand, à quelle fréquence, dans quels contextes (repas, bain, sorties, autres enfants). Filmer une courte scène, discrètement, aide le professionnel à mieux comprendre.

Étape 2

En parler à un médecin

Médecin traitant, pédiatre ou médecin de PMI : apportez vos notes et demandez explicitement une évaluation du neurodéveloppement. En cas de suspicion, le médecin dispose d’une consultation longue et majorée dédiée. Si vos inquiétudes sont minimisées malgré des signes persistants, un second avis est légitime.

Étape 3

Demander une orientation

Vers une PCO (plateforme de coordination et d’orientation), un CAMSP ou un CRA pour un bilan pluridisciplinaire. Les PCO financent notamment les bilans d’ergothérapeutes, psychomotriciens et psychologues, non couverts autrement.

Étape 4

Soutenir au quotidien

Sans attendre : routines prévisibles, environnement sensoriel apaisé, jeux de tour de rôle, interactions de qualité, écrans passifs limités. Ce ne sont pas des « remèdes », mais des conditions favorables pour tout enfant.

Si le TDAH fait aussi partie de vos questions — les deux troubles coexistent fréquemment, c’est le cas de Lucas —, notre guide des signes du TDAH selon l’âge traite le versant attentionnel, avec sa propre chronologie.


Section 7 · Sources

Sources et pour aller plus loin

Les informations de ce guide s’appuient sur des sources publiques et officielles. Pour approfondir, ou pour appuyer votre démarche auprès d’un médecin :

📚
Références officiellesRepérage, signes d’alerte et parcours de soins

Assurance MaladieRepérer un autisme chez l’enfant : les premiers signes : signes présents le plus souvent avant 36 mois, rôle d’alerte des parents, description des signes par âge, parcours PCO et bilan pluridisciplinaire.

Haute Autorité de SantéTrouble du spectre de l’autisme : signes d’alerte, repérage, diagnostic et évaluation chez l’enfant et l’adolescent, et les recommandations du 12 février 2026 sur les interventions et le parcours de vie.

Insermdossier d’information sur l’autisme : les premiers signes évocateurs se manifestent le plus souvent entre 18 et 36 mois.

Programme « Agir tôt » — repérage précoce des troubles du neurodéveloppement : de courtes vidéos illustrent chacune un signe d’alerte simple.

Cet article ne remplace pas un avis médical

Ce contenu a une vocation informative et éducative. Il ne remplace ni l’examen clinique, ni le diagnostic, ni l’avis personnalisé d’un professionnel de santé. Seule une évaluation pluridisciplinaire peut confirmer ou écarter un trouble du spectre de l’autisme. En cas de doute, adressez-vous à votre médecin traitant, votre pédiatre, un médecin de PMI, une plateforme de coordination et d’orientation (PCO) ou un Centre Ressources Autisme (CRA).


Section 8 · Questions fréquentes

FAQ : vos questions sur les signes d’autisme du bébé

?Quels sont les premiers signes de l’autisme chez un enfant ?

Ils touchent surtout la communication sociale : peu de babillage, peu de sourires en réponse, absence de réaction au prénom, absence de pointage du doigt et de gestes sociaux (« coucou », « au revoir ») à partir de 12 mois. S’y ajoutent, plus tard, l’absence de mots à 18 mois et l’absence d’association de mots à 24 mois. Aucun de ces signes pris isolément n’a de valeur prédictive : c’est leur combinaison qui compte.

?Quand apparaissent les premiers signes d’autisme ?

Le plus souvent avant 36 mois, parfois bien avant 18 mois, parfois plus tard. L’Inserm situe leur apparition le plus souvent entre 18 et 36 mois. Les signes très précoces (avant 12 mois) existent mais sont peu spécifiques. Le diagnostic, lui, arrive généralement plus tard — sans que cela empêche de commencer un accompagnement.

?Quels sont les 4 signes majeurs de l’autisme ?

Cette liste n’existe pas en tant que telle. Les références officielles ne classent pas les signes en « majeurs » et « mineurs » : elles décrivent deux grands domaines — les particularités de la communication et des interactions sociales d’une part, les comportements répétitifs et intérêts restreints d’autre part — auxquels s’ajoutent presque toujours des particularités sensorielles. C’est cette architecture, et non un top 4, qui guide l’évaluation.

?Quels sont les 10 signes de l’autisme ?

Aucune liste numérotée de ce type n’existe chez la Haute Autorité de Santé, l’Assurance Maladie ou dans les classifications de référence. Les titres du type « les 10 signes » ou « les 7 signes d’alerte » sont des formats éditoriaux. Ce qui oriente réellement, c’est la répartition des signes sur plusieurs registres, leur intensité et leur persistance dans le temps.

?Quels sont les signes d’un enfant avec autisme léger ?

« Autisme léger » est une expression du langage courant, pas une catégorie diagnostique : les classifications décrivent des niveaux de besoin d’accompagnement, pas des degrés de sévérité. Chez ces profils, les signes sont surtout plus discrets : langage présent mais usage social particulier, compréhension très littérale, fatigue importante en collectivité, effondrement en rentrant à la maison après avoir « tenu » toute la journée. Discret ne veut pas dire léger à vivre.

?Un enfant autiste léger peut-il devenir normal ?

La question mérite d’être reformulée, parce que « normal » n’est pas le bon cadre : l’autisme n’est pas une maladie dont on guérit, c’est un fonctionnement neurologique qui dure toute la vie. En revanche, ce qui évolue beaucoup, c’est la manière dont l’enfant vit avec : avec un accompagnement adapté et précoce, il développe ses compétences, gagne en autonomie et se sent mieux. Certains adultes autistes passent inaperçus — souvent au prix d’un effort de camouflage épuisant. L’objectif n’est pas qu’il ressemble aux autres, mais qu’il aille bien.

?À quel âge peut-on diagnostiquer un trouble du spectre de l’autisme ?

Des signes peuvent être repérés dès 18 mois, parfois avant. Le diagnostic, lui, est clinique et pluridisciplinaire, et il arrive souvent plus tard — les délais d’accès aux bilans varient beaucoup selon les régions. L’essentiel n’est pas la date exacte du diagnostic, mais de démarrer tôt un accompagnement : les plateformes de coordination (PCO) permettent justement d’agir avant même un diagnostic formel.

?Mon bébé bat des mains (flapping) : est-il autiste ?

Pas nécessairement. Le flapping et le balancement existent aussi chez des enfants non autistes, en particulier dans les moments d’excitation. Ce qui compte, c’est leur fréquence, leur intensité et leur association à d’autres signes — jamais le geste seul. Un enfant qui bat des mains de joie puis vient vous montrer ce qui l’enthousiasme n’envoie pas le même signal qu’un enfant qui le fait sans jamais chercher le lien.

?Le test M-CHAT trouvé en ligne suffit-il ?

Non. Le M-CHAT est un outil de dépistage destiné aux 16-30 mois, pas un outil de diagnostic. Un score élevé signale un risque et justifie une évaluation approfondie ; il ne remplace jamais un bilan réalisé par une équipe pluridisciplinaire. À interpréter avec un professionnel, pas seul devant un écran — et surtout pas à 2 heures du matin.

?Mon médecin dit « on verra plus tard » : que faire ?

Vous avez le droit de demander un second avis : autre pédiatre, médecin de PMI, ou contact direct d’une PCO ou d’un CAMSP. L’Assurance Maladie prévoit d’ailleurs explicitement cette possibilité, avec transmission des observations écrites du premier médecin. Le regard du parent qui observe l’enfant au quotidien est souvent le premier à repérer une différence.

?Si finalement ce n’est pas un TSA, ai-je eu tort de consulter ?

Non, jamais. Au minimum, vous repartez avec un regard professionnel rassurant et des pistes concrètes ; au mieux, vous gagnez un temps précieux pour mettre en place un accompagnement adapté à autre chose — retard de langage, souci d’audition, autre trouble du neurodéveloppement. Consulter par précaution n’a jamais nui à un enfant.


💡 Pour aller plus loin sur les comportements que vous observez, et sur ce qui vient après le repérage.

💛 Un dernier mot, de parent à parent

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« Repérer, ce n’est pas étiqueter : c’est ouvrir des portes plus tôt. »

Observer des signes précoces ne fige rien et ne « catalogue » pas votre enfant. C’est lui offrir un environnement mieux adapté, des professionnels qui comprennent son fonctionnement, et des stratégies qui respectent sa façon d’être.

Faites confiance à votre regard de parent, appuyez-le sur des observations concrètes, et ne restez pas seul·e avec vos questions.

Besoin d’échanger ? Écrivez-moi à [email protected] — je lis tous les messages.
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