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Autisme de l’enfant : le guide des parents

Un parent accompagne son enfant autiste avec douceur, à hauteur d'enfant, dans un intérieur calme et chaleureux

Votre enfant déborde dès que l’environnement devient bruyant — cantine, supermarché, anniversaires ? Baisser le volume est souvent le geste qui change la sortie.

Casque anti-bruit enfant
⚡ En bref

L’autisme, ou trouble du spectre de l’autisme (TSA), est un trouble du neurodéveloppement : il se manifeste le plus souvent dès la petite enfance et touche deux grands domaines — la communication et les interactions sociales d’un côté, des intérêts et comportements répétitifs ou restreints de l’autre. On parle de « spectre » parce que chaque enfant est différent : il n’y a pas deux autismes identiques.

Ce guide vous aide à comprendre et accompagner votre enfant au quotidien : reconnaître les signes, comprendre le parcours de diagnostic, savoir quelles interventions sont recommandées, et trouver des repères concrets à la maison comme à l’école. Ce n’est pas un outil de diagnostic : seuls des professionnels formés peuvent poser un diagnostic.

La Haute Autorité de Santé, dans ses recommandations du 12 février 2026, préconise d’intervenir tôt, dès les premiers signes d’alerte, avec des approches développementales et comportementales coordonnées avec la famille.

On compare souvent le cerveau à un ordinateur. Si l’on garde cette image, le cerveau d’un enfant autiste fonctionne avec un système d’exploitation différent : ni meilleur, ni moins bon, simplement différent. Il traite les informations, perçoit les sons, les lumières et les textures, et comprend les situations sociales à sa façon — souvent avec une logique et une finesse que l’on découvre en apprenant à le connaître.

Chez mon fils Lucas, qui est à la fois autiste et concerné par le TDAH, cela se traduit par des gestes répétitifs quand il est content ou tendu — il bat des mains (le « flapping ») et tourne sur lui-même, ce qui l’apaise visiblement —, par de l’écholalie (il répète des mots ou des phrases), et par une vraie difficulté à gérer ses propres émotions autant qu’à lire celles des autres. Rien de tout cela n’est un caprice : c’est son fonctionnement. Ce guide rassemble ce que j’aurais aimé lire au début — sans promesse miracle, sans chiffre inventé, avec des sources fiables et le concret du quotidien.

AL

Aurélie Leroux

Fondatrice de LeoBelo • Maman de Lucas (autiste et TDAH) • Outils sensoriels & neurodiversité depuis plusieurs années • Le vécu, pas la théorie

« Je ne suis pas thérapeute. Je suis une maman qui a cherché, testé, raté, ajusté — et qui partage ce qui a vraiment aidé Lucas. Comprendre son autisme n’a pas tout résolu d’un coup : ça nous a donné un langage commun, et un quotidien plus doux. »
Au programme
  1. Qu’est-ce que l’autisme (TSA) chez l’enfant ?
  2. Quels sont les signes d’autisme chez l’enfant ?
  3. Comment se passe le diagnostic ?
  4. Quelles interventions sont recommandées après le diagnostic ?
  5. Accompagner son enfant autiste au quotidien
  6. Outils sensoriels : quelle place dans l’autisme ?
  7. Expliquer l’autisme autour de soi
  8. Tableau récapitulatif
  9. FAQ : vos questions sur l’autisme de l’enfant

Section 1 · Comprendre

Qu’est-ce que l’autisme (TSA) chez l’enfant ?

L’autisme est un trouble du neurodéveloppement : le cerveau se développe et fonctionne différemment, dès la petite enfance, et cela dure toute la vie. Il se caractérise par deux grands ensembles : des particularités de la communication et des interactions sociales, et des intérêts ou comportements répétitifs et restreints. On parle de « spectre » parce que les manifestations varient énormément d’un enfant à l’autre, en nature comme en intensité.

Concrètement, un enfant autiste peut avoir du mal à décoder les sous-entendus, les expressions du visage ou les règles sociales implicites ; il peut être très attaché à ses routines et déstabilisé par l’imprévu ; il peut développer des intérêts intenses pour certains sujets ; et il présente souvent des particularités sensorielles (hyper- ou hyposensibilité aux sons, à la lumière, au toucher). Certains enfants parlent beaucoup, d’autres peu ou pas du tout — d’où l’importance de ne jamais réduire l’autisme à une image unique.

Un point essentiel, qui soulage beaucoup de parents : l’autisme n’est pas causé par l’éducation, par la relation avec les parents, par le milieu social ou par les écrans. C’est une particularité neurodéveloppementale d’origine principalement biologique. Vous n’avez rien « fait de mal ».

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Ce que disent les recommandationsSource primaire, datée

La Haute Autorité de Santé (HAS) rappelle que le trouble du spectre de l’autisme fait partie des troubles du neurodéveloppement et se manifeste le plus souvent dès la petite enfance, de façon hétérogène, avec des difficultés de communication et d’interactions sociales associées à des intérêts et comportements répétitifs ou restreints. Elle indique qu’entre 1 et 2 % de la population serait concernée par un TSA, avec une grande variabilité selon les études et les pays. Source : HAS, recommandations TSA, 12 février 2026.

À retenir : un repère de prévalence n’a rien à voir avec votre enfant en particulier. Chaque enfant autiste a son propre profil, ses forces et ses besoins.


Section 2 · Repérer

Quels sont les signes d’autisme chez l’enfant ?

Les signes d’alerte d’un TSA apparaissent le plus souvent avant 36 mois, parfois bien avant 18 mois, parfois plus tard. Ils se regroupent en deux familles : d’un côté la communication et les interactions sociales (contact visuel fuyant, peu de pointage ou d’imitation, retard ou particularités du langage), de l’autre les comportements répétitifs et les particularités sensorielles (gestes répétés, besoin de routines, intérêts restreints, réactions fortes à certains bruits ou textures). Ces signes n’équivalent pas à un diagnostic : ils invitent simplement à en parler à un professionnel.

Quel est le premier signe de l’autisme ?

Il n’existe pas un premier signe universel, et aucun signe pris isolément n’a de valeur prédictive. Dans les faits, ce qui alerte en premier concerne le plus souvent la communication sociale : un bébé qui babille peu, qui sourit peu en réponse, qui réagit peu à la voix de ses parents, qui ne pointe pas du doigt vers 12 mois, qui ne fait pas « coucou » ni « au revoir ». Autour de 18 mois, c’est souvent l’absence de mots, puis l’absence d’association de mots à 24 mois, qui déclenchent les premières questions. Une stagnation ou une régression du langage ou des relations sociales entre 1 et 2 ans est également considérée comme un signe d’appel.

Quelles sont les caractéristiques d’un enfant autiste ?

Au-delà des signes d’alerte précoces, un enfant autiste se reconnaît souvent à un ensemble de caractéristiques stables : des mouvements répétitifs (battements de mains, balancements), un usage répétitif des objets (aligner ses jouets, faire tourner une roue), de l’écholalie (répéter des sons ou des mots entendus), un attachement fort aux routines et une intolérance au changement, des intérêts intenses et restreints, des peurs inhabituelles pour son âge, et une compréhension très littérale du langage. S’y ajoutent presque toujours des particularités sensorielles : un bruit anodin pour vous peut être insupportable, une étiquette de vêtement peut devenir un vrai problème. Chez Lucas, ce sont le flapping, le fait de tourner sur lui-même pour se réguler, l’écholalie, et une lecture des émotions — les siennes comme celles des autres — qui demande beaucoup d’efforts.

« Les 10 signes de l’autisme », « l’autisme léger » : ce que valent ces formulations

Vous croiserez beaucoup d’articles annonçant « les 10 signes de l’autisme » ou « les 7 signes d’alerte ». Aucune liste numérotée de ce type n’existe dans les références officielles. Ni la HAS ni l’Assurance Maladie ne raisonnent par décompte : elles décrivent des familles de signes, par tranche d’âge, en précisant qu’aucun signe isolé ne suffit et que c’est la combinaison qui compte. Un chiffre rond dans un titre est un format éditorial, pas un critère clinique.

Même prudence pour l’expression « autisme léger » : elle est très employée dans le langage courant, mais ce n’est pas une catégorie diagnostique. Les classifications actuelles ne graduent pas l’autisme en léger/sévère : elles décrivent des niveaux de besoin d’accompagnement, qui peuvent d’ailleurs varier selon les périodes et les environnements. Un enfant qui parle bien et réussit à l’école peut avoir besoin de beaucoup de soutien ailleurs — c’est souvent le cas des enfants qui « compensent » toute la journée et s’effondrent en rentrant.

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Observer n’est pas diagnostiquer

Cette description des signes est un point de départ pour dialoguer avec un professionnel, pas une grille d’auto-évaluation. D’autres situations (trouble du langage, trouble de l’audition, anxiété, autre trouble du neurodéveloppement) peuvent donner des manifestations proches. Aucun test en ligne ne permet de conclure. Si quelque chose vous interpelle, parlez-en à votre médecin : votre inquiétude de parent est, en elle-même, un signal à prendre au sérieux.

Pour le détail des signes tranche d’âge par tranche d’âge, du nourrisson à l’enfant scolarisé, notre guide des signes de l’autisme du bébé à l’enfant reprend chaque étape du développement.


Section 3 · Le parcours

Comment se passe le diagnostic ?

Le diagnostic d’autisme est clinique et pluridisciplinaire : il repose sur des entretiens, l’observation de l’enfant et l’histoire de son développement, menés par des professionnels formés. Aucun test en ligne ni autoquestionnaire ne permet de le poser. En France, le parcours commence généralement chez le médecin traitant ou le pédiatre, qui peut orienter vers une plateforme de coordination et d’orientation (PCO) ou un Centre Ressources Autisme (CRA).

L’enjeu d’un repérage et d’un diagnostic précoces est de pouvoir mettre en place tôt des interventions adaptées, pour soutenir le développement et les apprentissages de l’enfant. Pour aider les médecins de première ligne, l’Assurance Maladie a créé une consultation longue et majorée en cas de suspicion de troubles autistiques : le praticien peut ainsi prendre le temps de l’évaluation en s’appuyant sur des outils validés. Les délais d’accès aux bilans spécialisés peuvent être longs selon les régions : n’hésitez pas à enclencher les démarches dès les premières questions, sans attendre une « certitude ».

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Où s’adresser, en pratiqueSources : HAS & ameli.fr

Le repérage repose sur les professionnels de première ligne (médecin traitant, pédiatre, personnel de crèche et de l’Éducation nationale), puis l’orientation se fait vers une PCO ou un CRA pour le bilan diagnostique. Le bilan est réalisé par une équipe pluridisciplinaire formée aux troubles du neurodéveloppement, et recherche aussi les troubles fréquemment associés (TDAH, troubles du langage, du sommeil, anxiété, épilepsie…). Le diagnostic médical ouvre l’accès à un accompagnement, à des soins, à des aménagements et à des droits. Voir ameli.fr — repérer un autisme chez l’enfant.


Section 4 · Les interventions

Quelles interventions sont recommandées après le diagnostic ?

Une fois le diagnostic posé, la HAS recommande des interventions précoces, développementales et comportementales, adaptées aux besoins de l’enfant et coordonnées avec la famille. Elles couvrent plusieurs domaines fonctionnels : la communication et le langage, les habiletés sociales, l’autonomie, la sensorialité et la motricité. La HAS recommande aussi d’évaluer au moins une fois par an, avec les parents, les effets de ces interventions et leur acceptabilité. L’idée n’est pas de « corriger » l’enfant, mais de soutenir son développement et sa qualité de vie, en s’appuyant sur ses points forts.

Fait notable dans les recommandations de 2026 : la HAS a aussi explicité les méthodes qu’elle ne recommande pas, faute de preuves suffisantes ou en raison de leur inefficacité dans le cadre du TSA — parmi elles la psychanalyse, le packing, le neurofeedback, la méthode 3i, Son-Rise, Tomatis, ou encore Snoezelen. C’est une information utile pour vous aider à faire le tri parmi les approches que l’on peut vous proposer.

Parmi les approches structurées que vous rencontrerez, on parle souvent d’ABA, de TEACCH ou de PECS. Ce sont des cadres différents (apprentissage, éducation structurée, communication par échange d’images) qui font l’objet de débats, y compris de la part de personnes autistes elles-mêmes. À noter : les recommandations raisonnent par domaines fonctionnels et par implication des familles, pas par adoubement d’un programme nommé. Nous détaillons chacune de ces approches, leurs principes et les controverses, dans notre guide ABA, TEACCH et PECS expliqués aux parents.

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La parole de la HASRecommandations du 12 février 2026

Les recommandations de bonne pratique « Trouble du spectre de l’autisme : interventions et parcours de vie du nourrisson, de l’enfant et de l’adolescent » actualisent celles de 2012. Elles privilégient des interventions développementales et comportementales précoces et insistent sur la collaboration avec la famille, dont l’expertise d’usage est reconnue. Elles abordent aussi la scolarité, les loisirs et la culture comme des leviers d’inclusion à part entière. Source : Haute Autorité de Santé, février 2026.


Section 5 · Le quotidien

Accompagner son enfant autiste au quotidien

Au quotidien, trois principes simples changent beaucoup de choses : rendre l’environnement prévisible, anticiper les changements, et valider les émotions plutôt que les nier. Un enfant autiste qui sait ce qui va se passer est un enfant plus serein ; un changement annoncé à l’avance est un changement mieux vécu ; et une émotion reconnue (« je vois que c’est difficile, je suis là ») s’apaise plus vite qu’une émotion balayée.

Des enfants jouent ensemble dehors, illustrant l'inclusion et l'acceptation des différences
Un quotidien plus doux passe aussi par un entourage qui comprend.

Des routines visuelles pour anticiper

Beaucoup d’enfants autistes traitent mieux ce qu’ils voient que ce qu’ils entendent. Une routine en images (matin, soir, devoirs) transforme une consigne abstraite en une suite d’étapes concrètes. Avec Lucas, montrer la séquence vaut mille « dépêche-toi ». Les supports visuels aident aussi à rendre le temps visible, ce qui apaise l’attente et les transitions.

Comprendre les crises (et les distinguer du caprice)

Quand l’environnement devient trop intense, certains enfants basculent dans une crise de surcharge (le meltdown) ou se referment complètement (le shutdown). Ce ne sont pas des caprices : ce sont des réponses à un trop-plein. La meilleure aide consiste souvent à réduire les stimulations, à proposer un endroit calme, et à rester présent sans surcharger l’enfant de paroles. Nous décrivons les deux mécanismes et la conduite à tenir dans notre guide sur les crises de surcharge et le repli.

La communication, à sa façon

L’écholalie — répéter des mots ou des phrases — est fréquente et a souvent une fonction : se rassurer, traiter l’information, ou communiquer indirectement. Plutôt que de chercher à la faire cesser, on peut s’appuyer dessus. De même, expliciter clairement ses propres émotions (« je suis content que tu sois là ») aide un enfant qui a du mal à les lire spontanément.

Quand le TDAH s’invite aussi

L’autisme s’accompagne fréquemment d’autres troubles du neurodéveloppement, et le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité figure parmi les plus courants — c’est le cas de Lucas. Les deux fonctionnements s’additionnent sans se confondre : besoin de prévisibilité d’un côté, difficulté à tenir en place et à maintenir l’attention de l’autre. Si cette combinaison vous parle, notre guide complet du TDAH chez l’enfant couvre le versant attentionnel.


Section 6 · Les outils

Outils sensoriels : quelle place dans l’autisme ?

Les outils sensoriels sont des soutiens du quotidien, pas un traitement de l’autisme. La sensorialité fait partie des domaines d’accompagnement identifiés par la HAS, parce que beaucoup d’enfants autistes sont hyper- ou hyposensibles. Bien choisis, ces objets aident l’enfant à se réguler — donc à être plus disponible pour communiquer, apprendre et jouer. Mais ils ne « soignent » pas et ne remplacent pas un accompagnement professionnel.

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Casque anti-bruit

Pour les enfants gênés par le bruit (cantine, transports, fêtes), il fait baisser la pression sonore et prévient bien des surcharges.

Voir le casque →
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Le coucher

Sensation enveloppante, lumière tamisée, rituel stable : les nuits difficiles se travaillent avec des repères, pas avec des produits miracles.

Sommeil et autisme →
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Fidgets discrets

De quoi occuper les mains et canaliser le besoin de mouvement, sans déranger autour.

Fidgets et autisme →

Un mot de prudence utile : un espace multisensoriel apaisant de type Snoezelen peut être un moment de détente agréable, mais la HAS le range parmi les méthodes non recommandées comme intervention du TSA, faute de preuves suffisantes. C’est une distinction importante — détente et bien-être d’un côté, intervention thérapeutique de l’autre. Un objet qui apaise votre enfant garde toute sa valeur ; il ne devient pas pour autant un traitement.


Section 7 · L’entourage

Expliquer l’autisme autour de soi

Un enfant autiste s’épanouit d’autant mieux que son entourage le comprend. Aux autres enfants, l’autisme s’explique très simplement : « son cerveau fonctionne un peu différemment ». Inutile de dramatiser : les enfants n’ont pas nos préjugés et acceptent vite ce qu’ils comprennent. Le mot « autisme » lui-même, dit clairement, dédramatise souvent plus qu’il n’inquiète.

Quelques repères qui marchent : parler clairement et directement (« viens jouer avec nous » plutôt qu’un signe vague), laisser du temps pour répondre, respecter le besoin de pause quand c’est trop, et mettre en avant les forces de l’enfant (mémoire, sens du détail, passions, franchise). C’est souvent par les forces que naît la connexion avec les autres.

Nous avons réuni des scripts de conversation concrets — classe, fratrie, parc, anniversaires — dans notre guide pour mettre des mots simples sur la différence.


Section 8 · L’essentiel en un coup d’œil

Tableau récapitulatif

🧭 Comprendre & accompagner : les repères clés
DomaineCe qui peut être plus difficilePistes concrètes
Communication & relationsDécoder l’implicite, le langage non verbal, soutenir une conversationParler clairement, laisser du temps, expliciter les émotions et les attentes
Comportements & routinesTolérer l’imprévu et les transitions ; gestes répétitifs d’auto-régulationRoutines visuelles, changements annoncés à l’avance, respect des stéréotypies
SensorialitéHyper- ou hyposensibilité aux sons, lumières, texturesRéduire les stimulations, casque anti-bruit, espaces calmes, outils sensoriels
ÉmotionsIdentifier et réguler ses émotions, lire celles des autresNommer les émotions, supports visuels, valider sans juger
Crises (meltdown / shutdown)Surcharge sensorielle ou émotionnelle, repliBaisser les stimulations, lieu de retrait, présence calme et silencieuse
Diagnostic & suiviDélais, parcours parfois complexeMédecin → PCO/CRA, démarches enclenchées tôt, interventions coordonnées et réévaluées chaque année

Chaque enfant est unique : ce tableau donne des repères généraux, pas une marche à suivre universelle.


Section 9 · Questions fréquentes

FAQ : vos questions sur l’autisme de l’enfant

?Quel est le premier signe de l’autisme ?

Il n’y a pas de premier signe universel, et aucun signe isolé n’a de valeur prédictive. Ce qui alerte en premier touche le plus souvent la communication sociale : peu de babillage, peu de sourires en réponse, absence de réaction au prénom, absence de pointage vers 12 mois. Autour de 18 mois, l’absence de mots devient un signal fort. Une régression du langage ou des relations entre 1 et 2 ans est aussi un signe d’appel.

?Quels sont les signes d’alerte pour l’autisme chez l’enfant ?

Ils se répartissent en deux familles. Côté communication et relations : contact visuel difficile à capter, peu ou pas de pointage, pas de jeu à faire semblant, retard ou particularités du langage, peu de réaction aux séparations et aux retrouvailles. Côté comportements : gestes répétitifs, usage répétitif des objets, attachement fort aux routines, intérêts restreints, peurs inhabituelles, réactions vives à certains bruits ou textures. C’est la combinaison de plusieurs signes qui compte, pas un signe pris seul.

?Quels sont les 10 signes de l’autisme ?

Cette liste n’existe pas. Ni la HAS ni l’Assurance Maladie ne publient de décompte numéroté des signes d’autisme : elles décrivent des familles de signes par tranche d’âge, en rappelant qu’aucun signe isolé n’est prédictif. Les titres du type « les 10 signes » ou « les 7 signes d’alerte » sont des formats éditoriaux, pas des critères cliniques. Fiez-vous plutôt à la combinaison de signes observés et à votre médecin.

?Quels sont les signes de l’autisme léger ?

« Autisme léger » est une expression du langage courant, pas une catégorie diagnostique. Les classifications actuelles ne graduent pas l’autisme en léger ou sévère : elles décrivent des niveaux de besoin d’accompagnement, qui varient selon les périodes et les environnements. Un enfant qui parle bien et suit une scolarité ordinaire peut compenser toute la journée puis s’effondrer en rentrant : les besoins sont réels même quand ils sont peu visibles.

?Quelles sont les caractéristiques d’un enfant autiste ?

Deux grands ensembles : des particularités de la communication et des interactions sociales, et des intérêts ou comportements répétitifs et restreints. S’y ajoutent très souvent des particularités sensorielles, une compréhension littérale du langage, un besoin marqué de routines et une difficulté face à l’imprévu. L’intensité varie énormément d’un enfant à l’autre : c’est tout le sens du mot « spectre ».

?L’autisme se soigne-t-il ? Peut-on en « guérir » ?

Non : l’autisme est une particularité neurodéveloppementale qui dure toute la vie. On ne le « guérit » pas et ce n’est pas le but. En revanche, avec un accompagnement adapté et précoce, l’enfant développe ses compétences, gagne en autonomie et en qualité de vie. Le fonctionnement peut beaucoup évoluer.

?Quelle différence entre autisme et syndrome d’Asperger ?

Le syndrome d’Asperger fait partie du spectre de l’autisme. Il désigne historiquement un profil sans retard de langage ni déficience intellectuelle. Les classifications actuelles regroupent ces profils sous le terme unique de « trouble du spectre de l’autisme », pour mieux refléter la diversité des situations.

?Qui consulter, et combien de temps prend un diagnostic ?

On commence par le médecin traitant ou le pédiatre, qui oriente vers une plateforme de coordination et d’orientation (PCO) ou un Centre Ressources Autisme (CRA). Le bilan est ensuite réalisé par une équipe pluridisciplinaire. Les délais varient selon les régions et peuvent être longs : mieux vaut enclencher les démarches dès les premières questions, sans attendre.

?L’autisme est-il causé par l’éducation ou les écrans ?

Non. L’autisme est un trouble du neurodéveloppement d’origine principalement biologique. Il n’a pas de lien avec la qualité de l’éducation, la relation aux parents, le milieu social ou le temps d’écran. Culpabiliser n’aide ni l’enfant, ni le parent.

?Les outils sensoriels soignent-ils l’autisme ?

Non : ce sont des aides au quotidien, pas un traitement. Ils peuvent aider un enfant à se réguler (casque anti-bruit, objets à pression profonde, fidgets), donc à mieux vivre certaines situations. Les interventions recommandées par la HAS restent les approches développementales et comportementales, coordonnées avec des professionnels.


💡 Pour aller plus loin : les huit volets de ce guide, à ouvrir selon ce qui vous préoccupe aujourd’hui.

💚 Un dernier mot, de parent à parent

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Si vous lisez ces lignes, c’est que vous cherchez à comprendre votre enfant. C’est déjà énorme. L’autisme n’est pas un échec parental : c’est une façon différente d’être au monde, réelle, qui ne disparaît pas avec plus de fermeté ni de culpabilité.

Comprendre Lucas ne m’a pas donné une recette magique. Ça m’a donné un langage commun avec lui, et des journées un peu plus douces. Avancez à son rythme, appuyez-vous sur ses forces, et entourez-vous de professionnels de confiance. Chaque petite étape compte.

« On n’a pas besoin que tout soit parfait. On a juste besoin que ce soit un peu plus doux, un jour après l’autre. »

Besoin d’échanger ? Écrivez-moi à [email protected] — je lis tous les messages.

Cet article ne remplace pas un avis médical

Ce guide a une vocation d’information et d’accompagnement. Il ne pose aucun diagnostic et ne se substitue pas à l’avis d’un professionnel de santé. En cas de doute ou de difficulté, rapprochez-vous de votre médecin traitant, d’un pédiatre, d’un Centre Ressources Autisme (CRA) ou d’une plateforme de coordination et d’orientation (PCO).

Sources principales : Haute Autorité de Santé — recommandations « Trouble du spectre de l’autisme : interventions et parcours de vie du nourrisson, de l’enfant et de l’adolescent » (12 février 2026) ; ameli.fr — « Repérer un autisme chez l’enfant : les premiers signes » ; classifications de référence (DSM-5-TR, CIM-11).

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