Accueil > Guides > TDAH > École et aménagements

TDAH à l’école : aménagements et dialogue avec l’enseignant

Enfant TDAH de 8 ans concentré à son bureau dans une classe lumineuse, avec un minuteur visuel et un coussin d'assise dynamique
⚡ En bref

À l’école, un enfant TDAH peut bénéficier de trois familles d’aménagements : pédagogiques (place adaptée, consignes courtes, pauses), matériels (minuteur visuel, assise dynamique) et humains (temps majoré, AESH). La plupart relèvent d’un PAP, le plan dédié aux troubles des apprentissages et au TDAH sans dossier MDPH.

Pour les obtenir, deux leviers : choisir le bon dispositif (PAP, ou PPS dès qu’une AESH est en jeu) et, surtout, construire le dialogue avec l’enseignant. C’est ce second levier, souvent négligé, qui fait la différence au quotidien.

La Haute Autorité de Santé place les interventions non médicamenteuses en première intention, et cite explicitement l’accompagnement scolaire et la mise en place d’aménagements adaptés. Le traitement médicamenteux, lui, intervient en complément. Quel dispositif choisir ↓

Le jour où l’école m’a alertée sur les difficultés de Lucas en classe, je me suis retrouvée à préparer une réunion sans vraiment savoir quoi demander concrètement. Le vocabulaire — PAP, PPS, ESS, tiers temps — me passait au-dessus de la tête, et j’avais surtout peur d’arriver les mains vides face à une équipe enseignante débordée.

Si le TDAH vient d’être posé chez votre enfant et que vous cherchez d’abord à comprendre le trouble lui-même, commencez plutôt par notre guide complet sur le TDAH de l’enfant — cette page-ci se concentre sur l’école.

Ce guide rassemble ce que j’aurais aimé avoir sous les yeux ce jour-là : la liste des aménagements possibles pour un enfant TDAH, le dispositif qui correspond à chaque situation, la procédure pour les obtenir, et la partie la plus utile à mes yeux — comment en parler à l’enseignant pour qu’il devienne un allié. Sans promesse magique et sans chiffre inventé : du concret, et des sources officielles.

AL

Aurélie Leroux

Fondatrice de LeoBelo • Maman de Lucas (TSA, TDAH, dysgraphie) • Ni médecin, ni ergothérapeute, ni psychologue • Ma page auteur

« Je ne suis ni médecin, ni enseignante spécialisée. Je suis une maman qui a appris à naviguer les aménagements scolaires de Lucas — en se trompant, en ajustant, et surtout en apprenant à dialoguer avec l’école plutôt qu’à la subir. C’est ce que je partage ici. »

Section 1 · La check-list

Quels aménagements pour un enfant TDAH à l’école ?

Les aménagements scolaires d’un enfant TDAH se répartissent en trois familles : pédagogiques (gratuits, décidés avec l’enseignant), matériels (quelques outils ciblés) et humains (temps majoré, aide d’une AESH). On commence presque toujours par les aménagements pédagogiques et matériels, simples à mettre en place, avant d’envisager une aide humaine si nécessaire.

Ce que le TDAH complique concrètement en classe

Avant de choisir un aménagement, il faut savoir ce qu’il compense. La HAS décrit un retentissement scolaire important, et le personnel enseignant est souvent le premier à repérer le trouble. Les difficultés qu’il signale reviennent presque toujours aux mêmes : un enfant excessivement rêveur, un manque de concentration marqué, un comportement très agité, des difficultés à s’organiser et à être autonome, une mémorisation à court terme fragile, et des résultats scolaires en dents de scie d’une évaluation à l’autre.

S’y ajoute ce qui ne se voit pas sur un bulletin : la fatigue de l’effort d’attention soutenu, les remarques accumulées qui abîment l’estime de soi, et les relations parfois difficiles avec les camarades. C’est pour ça qu’un bon plan d’aménagements ne se contente pas d’alléger le travail — il protège aussi l’enfant du sentiment d’échec.

📚

Pédagogiques

Place au premier rang, loin des fenêtres et de la porte ; consignes courtes et numérotées ; consigne écrite en plus de l’oral ; tâches longues découpées en étapes ; pauses autorisées pour relâcher l’attention.

🛠️

Matériels

Minuteur visuel pour rendre le temps concret, assise dynamique (coussin à picots, chambre à air) pour canaliser le besoin de bouger, casque ou bouchons en cas d’hypersensibilité au bruit, ordinateur si l’écriture est coûteuse.

👥

Humains

Temps supplémentaire aux évaluations, reformulation des consignes, et — pour les situations les plus lourdes — l’accompagnement d’une AESH (mutualisée ou individuelle), qui passe par la MDPH.

Concrètement, voici les aménagements les plus utiles à présenter à l’équipe pédagogique. Cochez ceux qui correspondent au profil de votre enfant — un aménagement n’aide que s’il répond à un besoin réel, pas parce qu’il figure sur une liste.

🪑 Organiser l’espace et l’attention

  • Placement stratégique : premier rang, face au tableau, à distance des sources de distraction (fenêtre, porte, couloir).
  • Voisinage calme : à côté d’un élève posé, jamais près d’un camarade agité.
  • Bureau dégagé : seul le matériel en cours est visible, le reste rangé.
  • Assise dynamique : un coussin à picots ou une chambre à air permet les micro-mouvements sans déranger la classe, et aide à rester assis plus longtemps.
  • Espace de retour au calme : un coin refuge dans la classe — parfois délimité par un paravent — où l’enfant peut se retirer quelques minutes pour se réguler, puis revenir disponible.

⏱️ Cadrer les consignes et le temps

  • Une consigne à la fois, avec un verbe d’action précis (« souligne », « entoure »).
  • Support visuel : la consigne affichée au tableau en complément de l’oral.
  • Minuteur visuel : « il te reste 10 minutes » ne veut rien dire pour beaucoup d’enfants TDAH — un compte à rebours visible, lui, parle.
  • Tâches segmentées et micro-pauses autorisées pour éviter la surcharge.

📝 Adapter les évaluations

  • Temps majoré (souvent un tiers de temps en plus), ou finir pendant la récréation.
  • Moins d’items à compétence égale, énoncé donné exercice par exercice.
  • Documents agrandis ou aérés si la lecture fatigue.

Pour Lucas, l’aménagement le plus précieux ne figurait sur aucune liste au départ : il a un coin à lui dans la classe, délimité par un paravent, où il peut se retirer quand l’agitation devient trop forte. Quelques minutes au calme, et il repart disponible pour la suite. C’est tout l’esprit de la démarche — partir de son besoin réel, pas d’un catalogue.

Beaucoup de ces aménagements matériels se testent d’abord à la maison, pour les devoirs, avant de les proposer à l’école : c’est plus facile d’en parler quand on peut dire « voici ce qui l’aide concrètement chez nous ». Pour la classe, mieux vaut des outils discrets et silencieux.

✦ Pour équiper la classe sans la perturber

Enfant TDAH installé à son bureau en classe avec un minuteur visuel et un coussin d'assise

Nos outils pour la concentration à l’école

Objets anti-stress discrets, assise dynamique, minuteurs : la sélection pensée pour tenir en classe.

✓ Discrets et silencieux ✓ Acceptés en classe ✓ Utiles aussi aux devoirs ✓ Choisis avec des familles

Besoin de visualiser le temps ? Voir notre minuteur visuel silencieux.

Les fidgets, eux, méritent un mot à part : bien choisis, ils aident à canaliser l’agitation sans devenir un jouet distrayant — le guide dédié est en bas de page.


Section 2 · Le bon cadre

PAP, PPS, PAI, PPRE : quel dispositif pour un enfant TDAH ?

Pour la majorité des enfants TDAH, le PAP (plan d’accompagnement personnalisé) suffit : il est conçu pour les troubles des apprentissages sans reconnaissance de handicap par la MDPH. Le PPS devient nécessaire dès qu’une AESH ou un financement de matériel est en jeu, car il passe par la MDPH. Le PAI concerne le médical (maladie, traitement à prendre à l’école), et le PPRE est un simple soutien pédagogique de courte durée.

📋 Les 4 dispositifs en un coup d’œil
DispositifPour quiCe qu’il permetQui décide
PAPTroubles des apprentissages, TDAH — sans dossier MDPHAménagements pédagogiques et matériels, base pour les aménagements d’examensMédecin de l’Éducation nationale, avec l’équipe pédagogique
PPSEnfant reconnu en situation de handicap par la MDPHTout le PAP + AESH, financement de matériel, orientation (ULIS…)La MDPH (CDAPH), via une équipe de suivi (ESS)
PAIMaladie ou trouble de santé nécessitant un protocoleOrganisation médicale à l’école (traitement, urgence) — pas d’adaptation pédagogique automatiqueMédecin scolaire + famille + établissement
PPREDifficultés scolaires passagères, sans trouble diagnostiquéSoutien pédagogique ciblé, sur une courte périodeL’équipe enseignante

Ces dispositifs ne se cumulent pas entre eux dans les mêmes objectifs : un PPS inclut et remplace le PAP, et le PAP se substitue à un éventuel PPRE. Un PAI reste cumulable avec un PAP comme avec un PPS, puisqu’il répond à un besoin de santé et non pédagogique.

⚖️
Les textes qui encadrent chaque dispositifRéférences officielles, à citer si besoin

PAI — circulaire n° 2003-135 du 8 septembre 2003, relative à l’accueil des enfants atteints de troubles de la santé évoluant sur une longue période (fiche service-public.fr).

PAP — créé par la loi du 8 juillet 2013 (article L.311-7 du code de l’éducation), défini par le décret n° 2014-1377 du 18 novembre 2014 (article D.311-13) et précisé par la circulaire n° 2015-016 du 22 janvier 2015. C’est ce texte qui prévoit que le PAP est révisé tous les ans et suit l’élève sur toute sa scolarité.

PPS — loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, précisée par le décret n° 2005-1752 du 30 décembre 2005. Il relève de la CDAPH, au sein de la MDPH.

🩺
Ce que recommande la HASSource primaire, datée

Dans ses recommandations de bonne pratique sur le TDAH de l’enfant et de l’adolescent, publiées le 23 septembre 2024, la Haute Autorité de Santé place les interventions non médicamenteuses en première intention : la psychoéducation, et l’accompagnement scolaire avec des conseils pour la mise en place d’aménagements spécifiques. Un traitement médicamenteux peut être prescrit en complément, si besoin et selon la gravité du trouble.

Avant même la confirmation du diagnostic, le médecin de premier recours peut informer la famille, donner des conseils pour gérer les difficultés du quotidien et orienter vers une association de patients. Sources : HAS — recommandation TDAH enfant et adolescent et sa fiche questions-réponses.

Reste la question que tout le monde se pose en premier : lequel demander pour mon enfant ? Trois questions suffisent le plus souvent à trancher.

Question 1

Votre enfant a-t-il une maladie ou un traitement à gérer sur le temps scolaire ?

Traitement à prendre à l’école, allergie alimentaire, protocole d’urgence (asthme, épilepsie, diabète)… Si oui, c’est un PAI. Il ne remplace pas les aménagements pédagogiques : il s’y ajoute.

Question 2

A-t-il besoin d’adaptations en classe, mais sans aide humaine ni matériel financé ?

Place adaptée, consignes segmentées, temps majoré, outils discrets… Si oui, c’est un PAP. C’est le cas de la majorité des enfants TDAH, et il ne nécessite aucun dossier MDPH.

Question 3

A-t-il besoin d’une AESH, de matériel financé ou d’une orientation ULIS ?

Dès qu’une aide humaine ou un financement entre en jeu, seul le PPS le permet — et il passe obligatoirement par la MDPH. Le PPS englobe alors tout ce qu’aurait couvert le PAP.

Un doute entre PAP et PPS ? On peut commencer par un PAP, rapide à obtenir, et basculer vers un PPS si les besoins se confirment. L’inverse — attendre la MDPH sans rien mettre en place — laisse l’enfant sans aménagement pendant des mois.

⚠️

Cet article ne remplace pas un avis médical

Je partage ici une expérience de parent et des informations publiques, pas un avis professionnel. Le choix d’un dispositif, comme toute décision concernant la santé ou la scolarité de votre enfant, se prend avec les professionnels qui le suivent (médecin, médecin de l’Éducation nationale, équipe pédagogique). Aucun aménagement ne « soigne » le TDAH : il compense, pour mettre l’enfant à égalité avec les autres.


Section 3 · Les démarches

Obtenir un PAP pour un enfant TDAH : la procédure

La marche à suivre dépend du dispositif. Pour un PAP, la demande se fait auprès du directeur ou du chef d’établissement, et c’est le médecin de l’Éducation nationale qui le valide, avec l’équipe pédagogique. Pour un PPS, il faut constituer un dossier auprès de la MDPH, qui réunit ensuite une équipe de suivi de la scolarisation (ESS). Les aménagements d’examens (brevet, bac) suivent, eux, une procédure dédiée.

Étape 1

Le diagnostic et les observations

Réunissez le bilan qui pose le TDAH (pédiatre, psychologue, neuropédiatre…) et notez sur quelques jours les situations qui posent problème en classe. C’est la base de toute demande.

Étape 2

La demande de PAP

Vous pouvez la faire à tout moment de la scolarité — elle n’est pas réservée à la rentrée, et le conseil des maîtres ou de classe peut aussi la proposer. Adressez-la au directeur ou au chef d’établissement : le médecin de l’Éducation nationale donne son avis, puis le PAP est formalisé avec l’équipe.

Étape 3

Le PPS, si besoin d’une AESH

Si une aide humaine ou un financement de matériel est nécessaire, déposez un dossier à la MDPH. L’équipe de suivi (ESS) construit alors le PPS.

Étape 4

Les aménagements d’examens

Pour le brevet ou le bac, un formulaire académique est remis au professeur principal ; l’équipe pédagogique donne son appréciation, les pièces médicales partent sous pli au médecin désigné par la CDAPH, et l’autorité de l’examen décide.

📅
Deux points à connaître sur les examensSources officielles

Le « tiers temps » n’est ni automatique, ni illimité. La réglementation prévoit un temps supplémentaire qui ne peut dépasser le tiers de la durée de l’épreuve ; il doit être justifié et il est accordé par l’autorité qui organise l’examen, après avis du médecin désigné par la CDAPH. Détails sur service-public.gouv.fr.

La date limite varie selon l’académie et l’examen — il n’y a pas de date nationale unique. Anticipez dès la rentrée et vérifiez l’échéance auprès de votre établissement. Les formulaires officiels figurent en annexe de la circulaire du 17 juillet 2025, sur éduscol.

Un repère qui m’a beaucoup aidée : les aménagements demandés aux examens doivent correspondre à ceux réellement utilisés en classe. Un enfant qui n’a jamais travaillé sur ordinateur en cours aura du mal à l’obtenir le jour du brevet. D’où l’importance de mettre les aménagements en place tôt, et de les faire vivre toute l’année.


Section 4 · Le différenciant

Le dialogue avec l’enseignant d’un enfant TDAH

Un PAP, même bien rédigé, ne vaut que par la relation avec l’enseignant qui l’applique au quotidien. La meilleure stratégie que j’ai trouvée tient en une idée : arriver avec des propositions concrètes, pas avec des reproches. L’enseignant n’est pas un adversaire ; le plus souvent, il manque simplement de repères face au TDAH.

Un parent et une enseignante échangent autour d'une table avec une fiche d'aménagements, ambiance bienveillante et collaborative
Préparer la rencontre change tout : on entre dans une discussion, pas dans un rapport de force.

Préparer la rencontre

Avant le rendez-vous, je prépare un petit dossier : le bilan diagnostic, une page d’observations de ce qui aide ou bloque mon enfant, et la liste des aménagements que je propose, en précisant lesquels sont gratuits. Quand c’est possible, j’apporte un ou deux outils à montrer : voir un minuteur visuel ou un coussin d’assise rend la demande beaucoup plus concrète qu’une explication.

Adopter le bon angle

Quelques formulations qui ouvrent la discussion plutôt que de la crisper :

  • « Ces outils l’aident à libérer son attention pour suivre votre cours. »
  • « On peut tester sur trois semaines, sans engagement, et faire le point ensemble. »
  • « Mon enfant choisira ses outils : il sera acteur, pas passif. »
  • « Je m’engage sur un suivi régulier avec vous. »

L’idée la plus efficace, je la résume toujours ainsi : je ne demande pas à l’enseignant de gérer mon enfant différemment, je lui propose des outils pour qu’il puisse suivre la classe comme les autres. Ce léger déplacement — de la contrainte vers le coup de pouce — débloque beaucoup de situations.

Enfin, gardez une trace écrite de vos échanges importants (un mail de synthèse après une réunion suffit). Si un aménagement du PAP n’est pas appliqué, on commence par en parler, puis on sollicite le chef d’établissement en rappelant que le PAP est un document à respecter.


Section 5 · Aller plus loin

Et les troubles associés (dys) ?

Le TDAH s’accompagne souvent d’un trouble « dys » — dysgraphie, dyspraxie, dyslexie. Bonne nouvelle côté démarches : le même PAP peut couvrir l’ensemble des adaptations, sans multiplier les dossiers. Les aménagements se cumulent simplement (par exemple : segmentation des consignes pour le TDAH et ordinateur ou réduction de la copie pour la dysgraphie).

Si l’écriture est particulièrement coûteuse pour votre enfant, les adaptations spécifiques méritent un point à part : réduction de la quantité d’écrit, supports adaptés, autorisation de l’ordinateur pour les productions longues. J’ai réuni ce qui nous aide dans notre guide sur la dysgraphie de l’enfant.


Section 6 · L’aide humaine

L’AESH : son rôle et comment en demander une

L’Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap (AESH) intervient dans la classe, en concertation avec l’enseignant. Sa mission n’est pas de faire à la place de l’enfant, mais de l’aider à participer à la vie collective et aux apprentissages. Un point qui revient souvent dans les échanges entre parents : l’AESH ne s’obtient pas dans le cadre d’un PAP. Elle relève du PPS, donc d’une demande MDPH.

Ce que fait concrètement une AESH

  • Aider à l’installation et à l’organisation du matériel
  • Accompagner la compréhension des consignes
  • Favoriser les interactions avec les autres élèves
  • Assister l’enfant lors des transitions (changement de salle, récréation, cantine)
  • Soutenir la gestion des émotions et des moments d’agitation

La procédure de demande, étape par étape

La décision d’attribution relève de la CDAPH, dans le cadre d’une demande MDPH. Vous pouvez néanmoins solliciter l’école et l’équipe éducative en amont, pour faire constater les besoins et préparer le dossier.

  • Déposer un dossier MDPH complet en précisant la demande d’accompagnement humain
  • L’équipe pluridisciplinaire évalue les besoins d’aide humaine de votre enfant
  • La CDAPH statue et fixe la quotité d’accompagnement, c’est-à-dire le nombre d’heures
  • En cas d’accord, l’Éducation nationale affecte une AESH dans l’école de votre enfant

L’enseignant référent de votre secteur coordonne le PPS et fait le lien entre la famille, l’école et la MDPH. C’est votre point de contact privilégié, et c’est aussi celui qu’on oublie le plus souvent de solliciter. Le détail administratif figure sur service-public.gouv.fr — l’accompagnement à l’école.

Mon retour d’expérience : l’attente pour l’attribution d’une AESH peut être longue. Relancez la MDPH et l’enseignant référent, et joignez tous les documents médicaux et éducatifs qui appuient la demande. Un dossier aussi complet que possible facilite l’examen. Il ne garantit pas le délai de traitement, mais il évite les allers-retours qui font perdre des mois.


Section 7 · Vos recours

Recours et médiation : que faire si la décision ne convient pas

Un refus ou un blocage n’est jamais le point final. Les voies de recours diffèrent selon l’origine du problème : une décision de la MDPH, une école qui n’applique pas ce qui a été décidé, ou une situation de discrimination.

Contester une décision de la MDPH (PPS, AESH)

Si la CDAPH refuse le PPS, refuse l’AESH, ou fixe une quotité d’accompagnement que vous jugez insuffisante, vous pouvez exercer un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) auprès de votre MDPH. Ce recours doit être formé dans un délai de 2 mois à compter de la réception de la décision. En l’absence de réponse favorable, vous pouvez emprunter la voie de recours indiquée dans la notification : elle y figure obligatoirement, avec sa juridiction et son délai. La procédure est décrite sur service-public.gouv.fr — le recours administratif préalable obligatoire.

Si l’école n’applique pas le dispositif accordé

Le PAP ou le PPS est signé, mais rien ne change en classe ? Les leviers, dans l’ordre :

  • Saisir l’enseignant référent de votre secteur, dont la mission est précisément de coordonner le PPS
  • Vous adresser à l’Inspecteur de l’Éducation nationale (IEN) pour le premier degré, ou au DSDEN ou service compétent de l’Éducation nationale pour le second degré
  • Solliciter le médiateur de l’Éducation nationale, qui peut être saisi pour tout litige lié au fonctionnement du service public de l’éducation. La démarche est gratuite.

Dans tous les cas, gardez une trace écrite : chaque courrier, chaque compte-rendu de réunion, chaque mail. C’est ce dossier-là qui fait la différence à la réunion suivante.

Le Défenseur des droits

Le Défenseur des droits est une institution indépendante qui peut intervenir en cas de discrimination, y compris dans le domaine scolaire. Si vous estimez que votre enfant a été écarté ou traité différemment en raison de son handicap, la saisine se fait en ligne, gratuitement et de façon confidentielle.

Ne restez pas seul : les associations

Les associations de parents connaissent les rouages, peuvent vous aider à monter un dossier et parfois vous accompagner en réunion : HyperSupers — TDAH France, l’Unapei, Autisme France, ou la Fnaseph, spécialisée dans la scolarisation des élèves en situation de handicap. Un appel suffit souvent à débloquer une situation qui traînait depuis des mois.


FAQ

Vos questions les plus fréquentes

?Faut-il refaire la demande de PAP chaque année ?

Non. Le PAP suit votre enfant tout au long de sa scolarité, y compris s’il change d’établissement. Il est simplement révisé chaque année avec l’équipe pédagogique pour ajuster les aménagements à l’évolution des besoins. Il n’y a pas de nouvelle demande formelle à déposer.

?L’enseignant n’applique pas les aménagements du PAP, que faire ?

Commencez par un échange direct pour comprendre les freins — souvent un manque de repères, pas de mauvaise volonté. Si cela ne suffit pas, sollicitez le chef d’établissement en rappelant que le PAP est un document à respecter, puis, en dernier recours, le médecin de l’Éducation nationale ou l’inspection. Gardez une trace écrite de vos démarches.

?Le tiers temps est-il automatique pour un enfant TDAH ?

Non. C’est un temps supplémentaire, plafonné au tiers de la durée de l’épreuve, qui doit être demandé via le formulaire d’aménagement d’examen et justifié. Il est accordé par l’autorité organisatrice après avis du médecin désigné par la CDAPH, et suppose un usage régulier en classe au préalable.

?Mon enfant se sent stigmatisé par ses aménagements. Comment faire ?

C’est fréquent, et ça se travaille. On peut expliquer à la classe que chacun a des besoins différents (certains portent des lunettes, d’autres ont besoin de plus de temps) et privilégier des outils discrets : coussin sous la chaise, minuteur personnel, pauses « utiles » comme distribuer les cahiers. L’essentiel est d’en parler avec votre enfant et de valoriser ses forces.

?Peut-on cumuler PAP et PPS ?

Non, ce sont deux cadres exclusifs : le PPS inclut tout ce que permet le PAP et va au-delà (AESH, matériel financé, orientation). On ne les superpose donc pas. En revanche, on peut basculer d’un PAP vers un PPS si les besoins évoluent et justifient une reconnaissance par la MDPH.

?Quelle différence entre un PAP et un PAI ?

Ils ne répondent pas au même besoin. Le PAP est un dispositif pédagogique : il organise les adaptations de la classe et des évaluations pour un trouble des apprentissages ou un TDAH. Le PAI est un dispositif médical : il encadre la prise d’un traitement à l’école, un protocole d’urgence ou un régime particulier. Un enfant TDAH sous méthylphénidate administré sur le temps scolaire peut donc avoir les deux — le PAI pour le médicament, le PAP pour les aménagements.

?L’école peut-elle refuser un PAP ?

Le PAP est mis en place sous la responsabilité du directeur ou du chef d’établissement, après avis du médecin de l’Éducation nationale : c’est cet avis médical qui fonde la démarche, pas l’appréciation de l’enseignant. La demande peut être faite par la famille à tout moment de la scolarité, et l’accord des parents est recueilli sur le principe du plan. En cas de blocage, adressez-vous au médecin de l’Éducation nationale, puis au chef d’établissement, en gardant une trace écrite.

?Les aménagements existent-ils dans le supérieur ?

Oui. À l’université comme en BTS ou en grande école, on s’adresse au service handicap de l’établissement, avec un certificat du médecin du service de santé étudiante. Le temps majoré reste applicable ; les modalités varient d’un établissement à l’autre, et chaque concours a ses propres règles.

?Comment obtenir une AESH pour un enfant TDAH ?

La demande d’AESH passe par le PPS, donc par la MDPH — un PAP ne permet pas d’obtenir une aide humaine. Vous déposez un dossier complet (formulaire, certificat médical, bilans), l’équipe pluridisciplinaire évalue les besoins d’aide humaine, et la CDAPH statue sur l’attribution et sur la quotité d’heures. En cas d’accord, l’Éducation nationale affecte une AESH dans l’école. Vous pouvez solliciter l’école et l’équipe éducative en amont pour faire constater les besoins et préparer la demande.

?Que faire si la MDPH refuse le PPS de mon enfant ?

Vous pouvez exercer un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) auprès de votre MDPH dans les 2 mois suivant la réception de la décision. En l’absence de réponse favorable, la notification indique obligatoirement la voie de recours ouverte, sa juridiction et son délai : c’est elle qui fait foi. Vous pouvez aussi solliciter le Défenseur des droits, ou une association de parents pour vous accompagner dans la démarche.


📚 Pour continuer


💚 Un dernier mot, de parent à parent

💌

Si vous lisez ces lignes, c’est que vous cherchez à défendre la scolarité de votre enfant. C’est déjà beaucoup. Les aménagements ne sont pas des privilèges : ce sont des compensations légitimes, prévues par les textes, qui mettent votre enfant sur un pied d’égalité avec les autres.

Le chemin paraît parfois administratif et décourageant. Mais chaque petit aménagement obtenu — une place, un minuteur, dix minutes de plus — est une victoire qui aide votre enfant à reprendre confiance. Avancez à son rythme, et n’hésitez jamais à demander : c’est votre droit, et le sien.

« On ne cherche pas une scolarité parfaite. On cherche une scolarité où il peut enfin montrer ce qu’il sait faire. »

Une question ? Écrivez-moi à [email protected] — je lis tous les messages.

Rappel : cet article ne remplace pas un avis médical ni l’accompagnement de l’équipe éducative. En cas de difficulté, rapprochez-vous du médecin qui suit votre enfant, du médecin de l’Éducation nationale ou de la MDPH. Sources : Haute Autorité de Santé — recommandations TDAH (2024) ; service-public.gouv.fr (dispositifs et aménagements d’examens) ; éduscol — organisation des examens pour candidats en situation de handicap (circulaire du 17 juillet 2025) ; HyperSupers TDAH France.

0
Retour en haut