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Être dys au collège et au lycée : le guide des parents d’ados

⚡ En bref

Au collège, l’élève passe d’un enseignant à une dizaine : les aménagements obtenus en primaire se perdent parce que plus personne n’a la vision d’ensemble, et le PAP ne circule que si on le porte soi-même.

Les aménagements d’examens sont une procédure à part, décidée par le rectorat : la demande se dépose l’année qui précède l’épreuve, en quatrième pour le brevet et en seconde pour le bac, selon un calendrier fixé chaque année par l’académie.

À l’adolescence, l’enfant a son mot à dire et l’utilise : mieux vaut rendre l’aménagement discret et négociable que l’imposer, tout en déposant quand même la demande d’examen dans les délais.

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Aurélie Leroux

Fondatrice de LeoBelo • Maman de Lucas (TSA, TDAH, dysgraphie) • Ni médecin, ni ergothérapeute, ni psychologue • Ma page auteur

✓ Parcours de parent ✓ Sources citées ✓ Testé à la maison

RUPTURE

Pourquoi le collège casse ce qui marchait en primaire

Pendant toute la primaire, on a fini par trouver un équilibre. Un enseignant, une salle, une année entière pour se connaître. Quand mon fils Lucas fatiguait en milieu de matinée, l’adulte en face de lui le voyait et adaptait sans que j’aie besoin de le demander. Puis arrive la sixième, et cet équilibre se dissout en une semaine.

Ce n’est pas une impression de parent inquiet. C’est un changement structurel, et presque tout le contenu qu’on trouve sur les troubles dys parle d’enfants de primaire, comme si l’histoire s’arrêtait au CM2. Elle ne s’arrête pas. Elle devient plus compliquée, et l’adolescent y a désormais son mot à dire.

Un enseignant devient dix, et personne ne fait le lien

Au collège, votre enfant a huit à douze professeurs selon les options. Chacun le voit deux à quatre heures par semaine, dans une classe de vingt-cinq à trente élèves, avec ses propres supports, sa propre manière de dicter, son propre rythme de tableau. Aucun d’entre eux n’a une vision d’ensemble de sa journée. Le professeur de mathématiques ignore qu’il vient d’enchaîner deux heures d’écrit, et le professeur d’histoire ne sait pas qu’il a rendu copie blanche la veille.

La réglementation a prévu quelqu’un pour coordonner. La circulaire du 22 janvier 2015 relative au plan d’accompagnement personnalisé est explicite : « dans le second degré, le professeur principal est chargé de coordonner la mise en œuvre et le suivi du plan d’accompagnement personnalisé » (circulaire n° 2015-016). Coordonner, ce n’est pas être présent à chaque cours. C’est faire circuler l’information auprès de collègues qui ont eux-mêmes cent cinquante élèves. Autant dire que la transmission dépend beaucoup des personnes.

Et il faut le dire sans accuser : ce n’est presque jamais de la mauvaise volonté. C’est un problème de circulation d’information dans une organisation qui n’a pas été conçue pour suivre un élève, mais pour enseigner une discipline.

Ce que le collège exige en plus, et qu’on n’avait pas vu venir

Le volume d’écrit explose. On passe d’une leçon copiée par jour à six matières qui demandent chacune de noter la consigne, le cours, les devoirs, parfois en même temps qu’on écoute autre chose. Pour un enfant dysgraphique ou dyspraxique, écrire n’est pas automatique : chaque lettre coûte de l’attention, et cette attention n’est plus disponible pour comprendre.

L’autonomie attendue change aussi de nature. On ne demande plus « fais tes devoirs pour demain », mais « prépare un contrôle sur cinq chapitres dans trois semaines ». Planifier sur trois semaines suppose des fonctions exécutives que beaucoup d’adolescents dys n’ont justement pas encore stabilisées, surtout quand un trouble de l’attention s’ajoute au trouble des apprentissages.

  • Six à dix supports différents à gérer chaque jour, plus les changements de salle.
  • Des consignes souvent orales, dites une fois, pendant que la classe range ses affaires.
  • Des évaluations chronométrées sur des formats longs, où la lenteur est pénalisée avant la compréhension.
  • Un cahier de textes numérique qui suppose de savoir lire, trier et anticiper une charge de travail.

Les signaux qu’on prend pour de la paresse

C’est le point qui m’a le plus coûté à comprendre. Les premiers mois de collège, l’enfant tient encore, souvent grâce aux stratégies de compensation qu’il a mises en place sans que personne ne l’aide. Puis le volume dépasse la capacité de compensation, et ce qui apparaît ressemble beaucoup à un désengagement : cahier de textes vide, affaires oubliées, notes qui glissent au deuxième trimestre, refus de s’y mettre le soir, irritabilité.

La Haute Autorité de santé rappelle dans son guide de parcours consacré aux troubles spécifiques du langage et des apprentissages que ces troubles ont des répercussions durables sur la vie quotidienne, les apprentissages scolaires et, plus tard, la vie sociale et professionnelle (HAS, décembre 2017). Durables : le trouble ne disparaît pas à l’entrée en sixième, il rencontre simplement des exigences nouvelles.

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Point de vigilanceUne chute de notes en 6e ou en 5e n’est pas un verdict

Avant de conclure au manque de travail, posez-vous une question simple : les aménagements de primaire sont-ils réellement appliqués en cours, par tous les enseignants, ou seulement écrits dans un document que personne n’a lu ? Dans mon expérience, c’est de très loin l’explication la plus fréquente. Et c’est la seule sur laquelle on peut agir en quelques semaines.

Un dernier repère pour relativiser. L’Inserm situe l’ensemble des troubles spécifiques des apprentissages autour de 5 à 7 % des enfants d’âge scolaire. Dans une classe de trente, votre enfant n’est donc pas le cas isolé qu’on vous décrit parfois en conseil de classe. Si vous voulez repartir des bases avant d’attaquer le collège, le panorama des troubles dys reprend chaque trouble un par un.


TRANSMISSION

Faire suivre les aménagements d’une rentrée à l’autre

Sur le papier, tout est prévu. Dans les faits, un aménagement se perd à chaque changement d’adulte, et il y a beaucoup d’adultes entre le CM2 et la terminale. Voici ce que j’ai fini par ritualiser, parce que je me suis fait avoir deux fois.

Ce que le texte dit vraiment

Le plan d’accompagnement personnalisé n’est pas censé s’arrêter à la porte du collège. La circulaire de 2015 précise que le PAP « suit l’élève tout au long de sa scolarité », qu’il est « réactualisé et enrichi tous les ans » au regard des progrès réalisés, et qu’« une attention est portée à sa transmission à chaque changement d’établissement scolaire, particulièrement lors de la liaison école-collège ou collège-lycée ». Le document est élaboré par le chef d’établissement avec l’équipe éducative, en y associant la famille.

Pour un projet personnalisé de scolarisation, qui relève lui de la MDPH, le cadre est différent : il est révisé à chaque changement de cycle ou d’orientation, et la MDPH dispose d’environ quatre mois pour répondre à une demande (service-public.gouv.fr). Quatre mois, cela veut dire qu’une demande déposée en mai ne produit rien avant la rentrée suivante.

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Référence officielleOù se trouve la partie administrative

Je ne refais pas ici le détail des dispositifs. Le fonctionnement du PAP, du PPS, de l’AESH, de l’équipe éducative et des voies de recours est traité en entier sur la page PAP, PPS, AESH et voies de recours. Cette section-ci porte uniquement sur ce qui casse au moment du passage au collège et au lycée.

Ce qu’on prépare dès le CM2, et à l’entrée en seconde

Le principe est simple : ne jamais dépendre de la transmission automatique entre deux établissements. Constituez votre propre dossier, sur papier et en numérique, et gardez-en la maîtrise.

  1. Une copie signée du PAP ou du PPS en cours, avec sa date. Réclamez-la avant les vacances d’été, pas en septembre.
  2. La liste des aménagements réellement utilisés, distincte de la liste des aménagements écrits. Ce ne sont jamais les mêmes.
  3. Les comptes rendus de bilans les plus récents : orthophonie, ergothérapie, neuropsychologie, orthoptie selon les cas.
  4. Le nom du médecin de l’Éducation nationale qui a rendu l’avis, et la date de cet avis. Cette date deviendra décisive au moment des examens.
  5. Une page unique, écrite par vous, qui résume en dix lignes ce qui aide votre enfant et ce qui l’entrave. C’est le document que les enseignants lisent réellement.

Les trois premières semaines de chaque rentrée

C’est la fenêtre utile. Passé octobre, les habitudes de classe sont prises et il devient beaucoup plus difficile de faire modifier une pratique.

  • Semaine 1 : un courriel court au professeur principal, avec le PAP en pièce jointe et votre page de synthèse. Court, factuel, sans plaidoirie.
  • Semaine 2 : demandez explicitement que le plan soit transmis à « tous » les enseignants de la classe, y compris les remplaçants, et pas seulement déposé dans l’espace numérique de travail.
  • Semaine 3 : si rien ne bouge, demandez par écrit une réunion de l’équipe éducative au chef d’établissement, qui est l’autorité qui élabore le PAP.

Un détail qui change tout : demandez que les aménagements soient formulés en actes observables, pas en intentions. « Bienveillance » ne s’applique pas. « Les polycopiés sont fournis en Arial 14, interligne 1,5 » s’applique.

Qui fait quoi au collège et au lycée
InterlocuteurCe qu’il peut réellementQuand le solliciter
Professeur principalCoordonne la mise en œuvre et le suivi du PAP dans le second degréDès la première semaine, chaque année
Chef d’établissementÉlabore le PAP avec l’équipe éducative, convoque la réunionSi le PAP n’existe pas, n’est pas appliqué, ou doit être révisé
Médecin de l’Éducation nationaleRend l’avis médical qui fonde le PAPAvant le cycle 4 si possible, et avant la seconde
Enseignant référentAssure le suivi du PPS et le lien avec l’équipe de la MDPHUniquement si votre enfant a un PPS
Service des examens du rectoratDécide des aménagements d’épreuves d’examenL’année qui précède l’examen, voir plus bas

Retenez surtout la dernière ligne : le collège ne décide pas des aménagements d’examens. C’est une autre autorité, un autre calendrier, un autre dossier. C’est là que se produisent les vrais accidents.


REFUS

L’adolescent qui refuse son aménagement

Il y a un moment où l’enfant qui acceptait tout se met à refuser. Pas le travail : l’aménagement. L’ordinateur reste dans le sac, la feuille agrandie est pliée en quatre, le tiers-temps est refusé d’un haussement d’épaules. Beaucoup de parents le vivent comme une trahison après des années de bataille. Ce n’en est pas une.

Pourquoi ça bascule précisément au collège

En primaire, un aménagement est une aide. À l’adolescence, il devient un signal. Le groupe de pairs prend une importance qu’il n’avait pas, la différence coûte cher socialement, et tout ce qui rend visible un fonctionnement différent est perçu comme un projecteur braqué. Sortir de la salle pour composer ailleurs, être le seul avec un ordinateur qui cliquette, rester quand les autres partent parce qu’il reste vingt minutes de tiers-temps : ce ne sont pas des détails pour eux.

Il y a aussi une deuxième chose, plus douloureuse à entendre. Refuser l’aménagement, c’est parfois refuser le diagnostic. Tant qu’on n’utilise rien, on peut encore se dire qu’on est comme les autres, juste moins bon en français. Le matériel rend le trouble concret, permanent, public.

Forcer se retourne à peu près toujours contre nous

Je l’ai fait, et je peux dire ce que ça a produit chez nous. Quand on impose, on obtient au mieux une obéissance de façade : l’outil est sorti devant l’adulte, rangé dès qu’il tourne le dos. Au pire, on cumule les deux peines, l’adolescent subit à la fois la gêne sociale et la conviction que ses parents ne l’écoutent pas. Et on perd ce dont on a le plus besoin à cet âge : sa parole. S’il ne nous dit plus ce qui se passe en classe, on pilote à l’aveugle.

Je ne suis ni psychologue, ni ergothérapeute, ni orthophoniste, et je ne prétends pas savoir ce qui se joue dans sa tête. Je constate seulement qu’un aménagement utilisé à contrecœur n’aide personne, et qu’un aménagement choisi est utilisé.

Rendre l’aménagement discret plutôt que facultatif

La bonne question n’est presque jamais « comment le convaincre d’accepter », mais « comment rendre cet aménagement invisible ». Beaucoup deviennent acceptables dès qu’ils cessent de le désigner.

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Son matériel, pas celui de l’école

Un ordinateur personnel ordinaire attire moins l’œil qu’un matériel dédié fourni par l’établissement. Même logique pour la calculatrice ou le stylo scanner.

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Le polycopié pour toute la classe

Demander que le cours soit distribué à tous en police lisible, plutôt qu’une version spéciale pour un seul élève. Beaucoup d’enseignants acceptent, et les autres élèves en profitent.

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Rien à voix haute

Demander par écrit que les aménagements ne soient jamais annoncés devant la classe. Une phrase du type « toi tu as plus de temps » suffit à faire abandonner un adolescent.

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Une période d’essai

Négocier six semaines, puis refaire le point ensemble. Un accord daté et révisable passe beaucoup mieux qu’une décision définitive prise sans lui.

Et laissez-lui trier. Un adolescent qui garde trois aménagements sur sept parce qu’il les a choisis en utilise trois. Celui à qui on en impose sept n’en utilise aucun. Si le sujet du fonctionnement neurologique n’a jamais été posé calmement avec lui, la façon d’expliquer la neurodiversité aide souvent plus qu’une négociation matérielle.

Le refus qui dit quelque chose de vrai

Parfois il a raison. L’aménagement date de la primaire, il ne correspond plus à ses besoins, ou il l’entrave franchement. Un logiciel de dictée vocale est inutilisable dans une classe de trente. Un accompagnement humain assis à côté peut être vécu comme une surveillance à quatorze ans. Prendre le refus au sérieux, c’est aussi accepter de supprimer des lignes du plan et d’en écrire d’autres.

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La seule limite à ne pas franchirRefus au quotidien ne veut pas dire renoncer à l’examen

Votre enfant peut refuser d’utiliser son ordinateur en cours toute l’année. Il pourra toujours changer d’avis. En revanche, une demande d’aménagement d’examen déposée hors délai n’est pas instruite. Le jour de l’épreuve, on peut renoncer à un aménagement accordé. On ne peut pas obtenir en juin un aménagement qu’on n’a pas demandé en janvier. Déposez la demande même s’il dit non aujourd’hui.


EXAMENS

Aménagements d’examens : brevet, baccalauréat, et les délais à ne pas rater

C’est la partie où il ne faut pas se tromper. Les aménagements d’examens ne prolongent pas automatiquement le PAP : c’est une procédure distincte, avec sa propre autorité de décision et son propre calendrier.

Ce que la réglementation permet réellement

Le cadre est fixé par l’article L. 112-4 et les articles D. 351-27 et suivants du code de l’éducation, présentés sur la page de référence d’Éduscol. L’article D. 351-27 énumère cinq familles d’aménagements :

  • des conditions matérielles adaptées, des aides techniques et des aides humaines, par exemple un secrétaire qui écrit sous la dictée du candidat ;
  • une majoration du temps de composition, qui « ne peut excéder le tiers du temps prévu pour chaque épreuve » — au-delà, il faut une situation exceptionnelle dûment motivée ;
  • la conservation, pendant cinq ans, des notes obtenues à des épreuves déjà passées ;
  • l’étalement du passage des épreuves sur plusieurs sessions annuelles consécutives ;
  • des adaptations d’épreuves, voire des dispenses, prévues par la réglementation propre à chaque examen.

C’est bien plus large que le seul « tiers-temps » auquel on réduit souvent le sujet : l’étalement et la conservation des notes changent radicalement la charge d’une année d’examen.

Qui décide — et ce n’est ni le collège, ni la MDPH

La décision appartient à l’autorité administrative qui ouvre et organise l’examen, c’est-à-dire le service des examens et concours du rectorat. Elle statue au vu du dossier, et notamment de l’avis rendu par un médecin désigné par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. La circulaire du 8 décembre 2020 précise que « l’autorité administrative notifie ensuite sa décision au candidat dans un délai de deux mois à compter de la réception » de la demande (circulaire MENE2034197C).

Procédure simplifiée ou procédure complète
SituationProcédureCe que ça implique
Élève avec un PAP, un PAI ou un PPS, avis médical rendu au cours du cycle 4 ou en seconde, demande cohérente avec le plan existantSimplifiée (article D. 351-28-1)La demande est adressée directement à l’autorité de l’examen, sans nouvel examen médical
Aucun plan formalisé, demande allant au-delà du plan, aggravation, ou majoration supérieure au tiers du tempsComplètePassage obligatoire par un médecin désigné par la CDAPH, qui rend un avis circonstancié

D’où mon conseil : faire poser un PAP formellement avant la fin du cycle 4, même chez un adolescent qui se débrouille. C’est la porte d’entrée de la procédure simplifiée.

Quand déposer la demande : le calendrier qui piège tout le monde

La règle générale de l’article D. 351-28 est que la demande se dépose au plus tard à la date limite d’inscription à l’examen. Mais pour le brevet et le baccalauréat, la circulaire du 8 décembre 2020 fixe un calendrier bien plus précoce : la demande se dépose l’année scolaire qui précède l’examen, « en classe de quatrième pour les candidats au diplôme national du brevet (DNB) ou au certificat de formation générale (CFG) pour la fin du deuxième trimestre », et en classe de seconde selon la même logique pour les baccalauréats général, technologique et professionnel. Pour le CAP, le BTS et les autres diplômes, la demande se fait à la date limite d’inscription.

⚠️
Le calendrier exact est académique, et il change chaque annéeAllez le chercher sur le site de votre rectorat dès septembre

Le cadre national dit « l’année précédente, fin du deuxième trimestre ». Les dates réelles, elles, sont fixées chaque année par chaque académie, et elles ne sont pas les mêmes partout. Pour la session 2026, l’académie de Normandie annonçait par exemple une campagne ouverte « du 1er octobre 2025 (12h) au 30 janvier 2026 (12h) », en précisant que, « s’agissant de troubles connus avant les inscriptions, les demandes d’aménagement transmises après la date de clôture ne seront pas traitées » (académie de Normandie). Cherchez « aménagement épreuves examens » suivi du nom de votre académie, en septembre, et notez la date de clôture dans votre agenda.

Les formulaires ont par ailleurs été refondus : une circulaire du 17 juillet 2025 remplace les annexes précédentes, « à compter de la session 2026 des examens et concours de l’enseignement scolaire » (circulaire MENE2506522C). Téléchargez toujours le formulaire de l’année en cours sur le site de votre académie.

Si la demande est refusée, ou accordée à moitié

Un refus n’est pas une fin de parcours. La circulaire de 2020 rappelle l’existence du recours gracieux, adressé à l’administration qui a pris la décision contestée, du recours hiérarchique, puis du recours contentieux devant le tribunal administratif. Appuyez-le sur des éléments nouveaux et datés : bilan récent, observations écrites d’enseignants, copies. Un recours qui répète la première demande aboutit rarement.


MÉTHODE

Autonomie, prise de notes, révisions : ce qu’on ne peut plus compenser

Il arrive un moment où l’on ne peut plus compenser à sa place. En primaire, on relisait les consignes, on rangeait le cartable, on recopiait la leçon illisible. Au lycée, un parent qui fait encore tout cela fabrique une dépendance qui se paiera au premier semestre d’études supérieures. Le travail change : il ne s’agit plus de faire à sa place, mais de lui construire des procédures qu’il pourra utiliser sans nous.

La prise de notes, le vrai mur de la sixième

On croit souvent que le problème est la vitesse d’écriture. C’est plus profond que ça : prendre des notes demande d’écouter, de comprendre, de sélectionner et de transcrire en même temps. Quand la transcription n’est pas automatisée, elle consomme l’attention nécessaire à la compréhension. L’élève écrit, ou il comprend, mais rarement les deux.

Quelques solutions qui tiennent la route dans une vraie classe :

  • Le cours photographié. Demander l’autorisation de photographier le tableau en fin d’heure, plutôt que de copier en direct. C’est l’aménagement le moins coûteux à obtenir et l’un des plus efficaces.
  • Le polycopié à trous. L’élève reste actif, mais n’a que les mots-clés à écrire. Certains enseignants le pratiquent déjà pour toute la classe.
  • La double casquette impossible. Choisir explicitement, cours par cours, si l’objectif est d’écouter ou de noter. En histoire, écouter et récupérer les notes d’un camarade. En mathématiques, noter le raisonnement.
  • Le clavier. Pour beaucoup d’adolescents dysgraphiques, taper libère l’attention. Encore faut-il que la frappe soit entraînée : un clavier non maîtrisé est un handicap supplémentaire.

Le choix des outils mérite d’être fait sérieusement plutôt qu’au hasard des applications à la mode ; j’ai détaillé ce qui existe et ce qui vaut vraiment le coup dans les outils numériques pour les dys.

Organiser sans faire à sa place

L’organisation est une compétence, pas un trait de caractère. Elle s’enseigne, lentement, et elle se réapprend à chaque changement de niveau.

  1. Un seul endroit pour les échéances. Cahier de textes numérique ou agenda papier, mais pas les deux. La double saisie est le meilleur moyen de tout perdre.
  2. Un sac préparé la veille au soir, avec l’emploi du temps sous les yeux. Le matin, la fatigue et la précipitation annulent toute stratégie.
  3. Des pochettes plutôt que des classeurs. Perforer, ouvrir des anneaux, ranger dans le bon intercalaire coûte très cher quand la coordination est en jeu. Une pochette par matière, vidée le week-end, suffit.
  4. Un code couleur unique, le même sur le cahier, la pochette et l’emploi du temps. C’est bête, et ça fait gagner plusieurs minutes par jour.

Et surtout : passez la main progressivement. Trimestre 1, vous faites avec lui. Trimestre 2, il fait et vous vérifiez. Trimestre 3, il fait et vous ne vérifiez que le dimanche soir. Une passation annoncée à l’avance se négocie beaucoup mieux qu’un lâchage brutal en septembre.

Réviser autrement que par la relecture

Relire un cours donne une agréable impression de familiarité et ne prouve rien. Pour un adolescent dyslexique, c’est même le pire rapport effort-résultat qui soit : la lecture coûte cher et rapporte peu.

Ce qui marche chez nousTrois habitudes simples

Réciter à voix haute sans le cours sous les yeux, puis vérifier. Fabriquer ses propres fiches, même moches, même incomplètes — c’est le fait de les fabriquer qui apprend, pas de les avoir. Et travailler en séquences courtes avec de vraies pauses, plutôt qu’en blocs de deux heures dont la seconde heure ne sert à rien.

Ajoutez la reformulation orale : expliquer un chapitre à quelqu’un qui ne le connaît pas est l’un des meilleurs révélateurs de ce qui n’est pas compris. Ça marche même quand le « quelqu’un » est un parent qui n’a jamais rien compris à la physique-chimie, et je parle d’expérience.

Ce qui reste notre travail de parent

On garde le cadre horaire, le rappel des échéances lointaines, le calme de la maison, et la vigilance sur la fatigue. On garde aussi le droit d’arrêter une soirée qui dérape. Un adolescent dys travaille souvent plus longtemps que les autres pour un résultat moindre ; si le soir devient une deuxième journée de classe, l’épuisement arrivera avant les examens. Il vaut mieux une heure faite correctement et une soirée qui reste vivable.


ORIENTATION

L’orientation, les filières et ce qui existe dans le supérieur

L’orientation est le sujet qui fait le plus peur aux parents, et celui sur lequel circulent le plus d’idées reçues. Autant les dire tout de suite, puis regarder ce qui existe vraiment après le lycée.

Trois idées reçues à écarter

« Un élève dys, c’est la voie professionnelle. » Non, pas comme règle. Un trouble spécifique des apprentissages n’a par définition pas de rapport avec le niveau intellectuel global : c’est un trouble ciblé, du langage écrit, du calcul, du geste ou du langage oral. La voie professionnelle est un choix légitime quand elle correspond à un projet, pas une conséquence automatique d’un diagnostic.

« Les notes disent le potentiel. » Elles disent surtout ce qui a été mesuré, et dans quelles conditions. Des notes obtenues sans aménagement appliqué ne mesurent pas les mêmes choses que des notes obtenues avec. Avant d’accepter une orientation par défaut en fin de troisième ou de seconde, posez la question franchement en conseil de classe : les aménagements prévus ont-ils été effectivement appliqués cette année, dans toutes les matières ?

« Après le bac, il n’y a plus rien. » C’est faux, mais le dispositif change complètement de nature, et c’est ce changement qui prend les familles de court.

Le critère qui compte vraiment pour choisir

Plutôt que de raisonner en filières nobles ou non, regardez la charge réelle du parcours visé sur la fonction touchée : combien d’écrit produit, combien de lecture, quelle place du calcul mental, quelle part d’oral, quelle intensité de prise de notes. Un même adolescent peut être en difficulté sévère dans un cursus très rédactionnel et parfaitement à l’aise dans un cursus technique tout aussi exigeant.

Un point pratique, souvent négligé : si le dernier bilan date de la primaire, faites-le refaire à l’entrée au lycée. Un bilan ancien fragilise toute demande relevant de la procédure complète et complique le dossier du supérieur. Ce que contient un bilan et comment le lire vous aidera à savoir quoi demander.

Ce qui change dans l’enseignement supérieur

Le PAP s’arrête avec le lycée. Dans le supérieur, la logique est différente : chaque établissement d’enseignement supérieur désigne un référent handicap, chargé d’impulser et de coordonner l’accompagnement des étudiants concernés. Ce rôle s’appuie sur la loi du 11 février 2005 et sur la loi du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche, qui impose aux établissements un schéma directeur handicap (ministère de l’Enseignement supérieur).

Concrètement, deux cadres existent : le plan d’accompagnement de l’étudiant en situation de handicap, qui formalise les aménagements pédagogiques et d’examens et ne suppose pas de dossier MDPH, et le régime spécial d’études, ouvert plus largement aux étudiants ayant des contraintes particulières. Pour les aménagements d’examens, un avis médical reste nécessaire, rendu par le service de santé étudiante ou un médecin agréé (Mon Parcours Handicap).

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Mon conseil de mamanContactez le référent handicap avant l’inscription

La grande différence avec le lycée, c’est que dans le supérieur rien ne se déclenche tout seul : c’est l’étudiant, devenu majeur, qui doit faire la démarche. Repérez le nom et l’adresse du référent handicap de chaque établissement visé dès la phase de vœux, et faites le premier contact avant la rentrée. Un dossier ouvert en novembre, c’est un premier semestre passé sans aménagement.

Parcoursup : ce que fait, et ne fait pas, la fiche de liaison

Parcoursup propose une fiche de liaison destinée aux candidats en situation de handicap ou bénéficiant d’aménagements de type PPS, PAI ou PAP. Elle est facultative, et surtout elle n’est pas transmise aux formations lors de l’examen des vœux : elle sert à préparer la rentrée, pas à peser sur la sélection. À partir de l’ouverture de la phase principale d’admission, le candidat peut demander depuis son dossier qu’elle soit transmise automatiquement à son futur établissement. Un droit au réexamen existe par ailleurs, via la commission d’accès à l’enseignement supérieur, mais il se sollicite explicitement (Parcoursup).

Ce point rassure beaucoup d’adolescents qui redoutent, à tort, que déclarer leur trouble leur ferme des portes pendant l’examen des candidatures. Dites-le-lui clairement : la fiche ne sert pas à ça.

Dernière chose, et elle vaut pour toute cette page. L’objectif n’est pas qu’il arrive dans le supérieur avec un dossier parfait, mais qu’il sache dire lui-même de quoi il a besoin, à qui, et à quel moment. C’est la seule compétence qui continue de servir quand nous ne sommes plus dans la boucle.


?Le PAP de mon enfant continue-t-il au collège et au lycée ?

Oui. La circulaire du 22 janvier 2015 précise que le plan d’accompagnement personnalisé suit l’élève tout au long de sa scolarité, qu’il est réactualisé et enrichi tous les ans, et qu’une attention est portée à sa transmission à chaque changement d’établissement, en particulier lors de la liaison école-collège et collège-lycée. Dans le second degré, c’est le professeur principal qui est chargé d’en coordonner la mise en œuvre et le suivi. En pratique, la transmission n’est jamais automatique : gardez une copie datée du plan et transmettez-la vous-même au professeur principal dès la première semaine de la rentrée. Demandez aussi explicitement qu’il soit communiqué à tous les enseignants de la classe, et pas seulement déposé dans l’espace numérique de travail.

?Quand faut-il demander les aménagements d’examen pour le brevet et le baccalauréat ?

Beaucoup plus tôt qu’on ne l’imagine : la demande se dépose l’année scolaire qui précède l’examen. La circulaire du 8 décembre 2020 indique une demande en classe de quatrième pour le diplôme national du brevet et le certificat de formation générale, pour la fin du deuxième trimestre, et la même logique en classe de seconde pour les baccalauréats. Pour le CAP, le BTS et les autres diplômes, la demande se fait à la date limite d’inscription à l’examen. Attention : les dates précises sont fixées chaque année par chaque académie et ne sont pas les mêmes partout. Renseignez-vous sur le site de votre rectorat dès septembre, car les demandes déposées après la clôture ne sont en général pas instruites lorsque le trouble était connu avant les inscriptions.

?Qui décide d’accorder un tiers-temps : le collège, la MDPH ou le rectorat ?

Ni le collège ni la MDPH. La décision appartient à l’autorité administrative qui ouvre et organise l’examen, c’est-à-dire le service des examens et concours du rectorat. Elle statue au vu du dossier et, en procédure complète, de l’avis rendu par un médecin désigné par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. La circulaire du 8 décembre 2020 prévoit que l’autorité administrative notifie sa décision au candidat dans un délai de deux mois à compter de la réception de la demande. Le collège intervient uniquement pour transmettre le dossier et fournir les éléments pédagogiques.

?Mon enfant a un PAP : doit-il repasser devant un médecin pour les examens ?

Pas nécessairement. L’article D. 351-28-1 du code de l’éducation prévoit une procédure simplifiée pour les élèves bénéficiant déjà d’aménagements formalisés dans un projet personnalisé de scolarisation, un projet d’accueil individualisé ou un plan d’accompagnement personnalisé, dès lors que l’avis médical a été rendu au cours du cycle 4 ou en classe de seconde. Dans ce cas, la demande est adressée directement à l’autorité de l’examen, sans nouvel examen médical. La procédure complète, avec passage devant un médecin désigné par la CDAPH, reste nécessaire s’il n’existe aucun plan formalisé, si la demande va au-delà de ce que prévoit le plan, en cas d’aggravation, ou si l’on demande une majoration de temps supérieure au tiers. C’est une bonne raison de faire poser un PAP avant la fin du cycle 4, même si votre enfant se débrouille.

?Que faire si mon adolescent refuse ses aménagements en classe ?

Commencez par écouter ce que le refus veut dire, car à cet âge un aménagement visible est vécu comme un projecteur social bien plus que comme une aide. Forcer produit presque toujours une obéissance de façade, et fait perdre la parole de l’adolescent, qui est justement ce dont on a le plus besoin. Cherchez plutôt à rendre l’aménagement discret : matériel personnel plutôt que dédié, polycopié en police lisible pour toute la classe, consigne écrite demandant que rien ne soit annoncé à voix haute. Laissez-le trier et choisir ceux qu’il garde, avec une période d’essai révisable. Une seule limite : refuser un outil en classe ne doit jamais conduire à ne pas déposer la demande d’aménagement d’examen, car on peut renoncer le jour de l’épreuve, mais on ne peut pas obtenir hors délai.

?Quels aménagements existent après le baccalauréat, dans le supérieur ?

Le PAP s’arrête avec le lycée, mais l’accompagnement ne disparaît pas. Chaque établissement d’enseignement supérieur désigne un référent handicap chargé de coordonner l’accompagnement, dans un cadre posé par la loi du 11 février 2005 et par la loi du 22 juillet 2013 sur l’enseignement supérieur et la recherche. Deux dispositifs coexistent : le plan d’accompagnement de l’étudiant en situation de handicap, qui formalise les aménagements pédagogiques et d’examens sans exiger de dossier MDPH, et le régime spécial d’études, ouvert plus largement. Pour les aménagements d’examens, un avis médical reste requis, rendu par le service de santé étudiante ou un médecin agréé. La différence majeure avec le lycée, c’est que rien ne se déclenche automatiquement : c’est à l’étudiant de faire la démarche, idéalement avant la rentrée.



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Je me souviens très bien de la réunion de fin de sixième où l’on m’a expliqué que Lucas « ne fournissait pas les efforts attendus ». J’avais un plan d’accompagnement signé dans mon sac, et j’ai compris ce jour-là que trois enseignants sur dix en connaissaient l’existence. Personne n’avait menti, personne n’avait saboté quoi que ce soit : le document existait, il n’avait simplement circulé nulle part.

Depuis, je ne compte plus sur la transmission automatique. J’écris au professeur principal la première semaine, je garde une copie datée de tout, et je note la date de clôture des demandes d’aménagement d’examens dans mon agenda dès septembre. Ce n’est pas glorieux, ce n’est pas ce que j’imaginais faire en tant que parent, mais c’est ce qui fait la différence entre un aménagement écrit et un aménagement appliqué. Et je ne suis ni médecin, ni ergothérapeute, ni orthophoniste : je suis juste devenue très organisée par nécessité.

Un aménagement qui n’est pas transmis n’existe pas — et c’est nous, parents, qui le transportons.

Une question ? Écrivez-moi à [email protected] — je lis tous les messages.

Passer des principes aux aménagements concrets

Cette page traite du passage au collège et au lycée. Si vous cherchez la liste des aménagements pédagogiques à demander matière par matière, et la façon de les formuler pour qu’ils soient réellement applicables en classe, la page dédiée du silo va beaucoup plus loin dans le détail.

Voir les aménagements scolaires dys →

Rappel : cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé. En cas de difficulté, rapprochez-vous de votre médecin, d’un·e ergothérapeute ou orthophoniste.

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